Chronique album
28/11/2008 -
Pépé Kallé, de son vrai nom Kabasélé Yampanya, géant de la musique congolaise, s'est éteint le 29 novembre 1998 à son domicile de Kinshasa. Surnommé "l'éléphant de la musique africaine", mesurant 2,10 mètres, pesant près de 150 kilos, il était l'un des rares artistes à pouvoir remplir régulièrement les stades du continent et à faire danser toute l'Afrique au rythme du soukouss, un avatar de la rumba congolaise.

Né à Kinshasa, alors Léopoldville, le 30 décembre 1951, il commence à chanter dans les chorales gospel. Sa belle voix chaude et angélique se révèle en 1969 au sein de l'orchestre Bamboula et c'est Verkys, le célèbre saxophoniste de l'OK Jazz de Franco, qui le révèle et met en valeur ses qualités de chanteur en l'intégrant dans son groupe Vévé. En 1972, Pépé Kallé rejoint l'orchestre Bella Bella qu'il quitte rapidement pour créer son propre ensemble l'Empire Bakuba avec les chanteurs Dinu Dinuloma et Papy Tex Matolu.
Ce trio vocal à la justesse phénoménale connaît une longévité rare, 20 ans, dans un environnement où la dislocation des orchestres semble être la règle. Les shows de l'Empire Bakuba d'une incroyable énergie, aux guitares tournoyantes caractéristiques de la rumba congolaise, deviennent de plus en plus spectaculaires, extravagants avec les facétieux ambianceurs nains, notamment Emoro et Joli Bébé, contrastant avec la stature gigantesque de Pépé Kallé.

Les tournées planétaires commencent au début des années 80, menant Pépé Kallé et l'Empire Bakuba du Japon aux Etats-Unis, en passant par les Caraïbes où le chanteur est une star. Pépé Kallé décède quinze jours après la sortie de l'album Cocktail, dernier opus où l'artiste intègre dans ses compositions des couleurs lusophones et caribéennes et fait la part belle à la rumba autant qu'au soukouss.
Françoise Gindreau - Diack / Documentation RFI
21/12/1998 -