ParisÂ
19/01/2009 -Â

Soleil ne donne pourtant pas lâimpression dâĂȘtre particuliĂšrement lĂ©ger ?
Tant mieux. CâĂ©tait un pari. Le zouk, tel quâon lâimagine, est une musique trĂšs sensuelle, sur laquelle on ne peut pas parler de tout, parce que ça peut bloquer la danse. Sur mon album, il y a forcĂ©ment des chansons de couple, des chansons dâamour avec un grand A, et puis dâautres dans lesquelles jâessaie de souligner que, si nous sommes français sur nos Ăźles, nous ne sommes ni africains ni mĂ©tropolitains. Mais crĂ©oles. On a cherchĂ© dâoĂč on venait, on connaĂźt le passĂ© et il faut enseigner cette histoire-lĂ , mais cette crĂ©olitĂ© doit soulever en nous la volontĂ© de mieux faire. On nâest pas des bĂątards, on est une nouvelle nation. Câest un peu le fil conducteur de lâalbum, ce qui mâa motivĂ© Ă lâĂ©crire. Me dire aussi quâil Ă©tait possible faire du beau zouk, que ce soit une musique qui sâĂ©coute, pas seulement une musique de danse. Et je pense mĂȘme quâen concert, jâarrive Ă faire passer davantage dâĂ©motion que sur le CD.
Quand vous avez enregistré vos nouvelles chansons, les avez-vous prévues pour la scÚne, vous qui avez déjà sorti deux albums live ?
Oui, jâessaie de trouver des choses qui soient faciles Ă reproduire, retranscrire en live. Câest pour cela que je ne voulais pas trop de synthĂ©s. MĂȘme sâil y a des programmations dans le zouk, toutes les guitares sur cet album sont pratiquement acoustiques. Il y a de vraies percussions, beaucoup de solos de piano⊠Je voulais rendre lâalbum vivant. Je sais que je vais le travailler pour la scĂšne, parce que mon bonheur, câest de prendre un micro et de partager ma musique avec les gens. Mais mon seul regret, câest que cette musique ne puisse pas ĂȘtre Ă lâaffiche des festivals â sauf Kassav. Ăa mâennuie.

Vous arrive-t-il encore aujourdâhui dâĂ©couter vos albums prĂ©cĂ©dents ?
Je nâai pas eu toujours plaisir Ă réécouter mes anciennes chansons. Quand jâai commencĂ© dans la musique, je nâavais pas forcĂ©ment confiance en moi. Je savais que je pouvais ĂȘtre chanteuse mais je nâĂ©tais pas encore satisfaite. Jâentendais des choses que je nâarrivais pas Ă reproduire. Jâai eu la chance dâavoir trĂšs vite un public qui mâa aimĂ©e, donc jâai beaucoup de souvenirs avec les premiers albums. Mais jâentends aussi Ă©normĂ©ment dâerreurs. Je ne crois pas que ce sera le cas avec Soleil. Celui-lĂ , jâen suis fiĂšre ! Il a Ă©tĂ© difficile Ă mettre en place : les disques ne se vendent plus, la musique ne rapporte plus autant, et il a fallu que je monte mon propre label.
Quâest-ce qui vous a donnĂ© envie de participer, en 2008, au spectacle Soweto, retraçant une partie de la vie de Nelson Mandela ?
CâĂ©tait une comĂ©die musicale Ă lâinitiative de Serge BilĂ©, un journaliste Ă©crivain, qui a Ă©crit pratiquement tous les textes. JâĂ©tais trĂšs enthousiasmĂ©e par le projet tout simplement parce que ça me permettait de mâenrichir. Je nâai pas eu une grosse culture quand jâĂ©tais gamine : lâĂ©cole, pour ĂȘtre franche, ça ne me disait rien. Lorsque je suis passĂ©e en classe de troisiĂšme et que jâai dit Ă ma mĂšre que je voulais faire une Ă©cole de musique, elle a refusĂ©. Ăa mâa dĂ©goĂ»tĂ©e. Quand je me suis mariĂ©e, que jâai eu mes enfants, jâai compris que la vie avait un autre sens, et je me suis dit quâil fallait prendre tout ce qui pourrait me fortifier.
Bertrand Lavaine
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13/12/2002 -Â
24/12/2004 -Â