Funky, tonique ou envoûtant selon le moment, le nouvel album de la grande dame rayonnante de la chanson malienne est une réussite. Le genre d’album qui inciterait presque à un usage excessif de superlatifs. D’abord il y a la voix, bien sûr. Majestueuse, irréprochable, un vent formidable qui emporte, loin, très loin.
Et puis la texture même des morceaux, leurs arrangements inventifs de cordes (par Massamba Wele Diallo), la production soignée et audacieuse (avec le talent avisé de Cheick Tidiane Seck, des musiciens au talent sûr, des invités choisis – dont le flûtiste Magic Malik).
Oumou Sangaré chante la joie (
Seya) et incite à l’amour (
Senkele te Sira), prône l’humilité et l’altruisme (
Kounadya). Elle rend hommage aux chasseurs (
Donso) et à une grande griotte des années 1960, Djekani Djeli (
Lyo Djeli), elle continue son combat pour les femmes, dénonçant les mariages arrangés d’adolescentes (
Were Were Wintou) et la polygamie (
Sounsoumba).
Tout concourt à faire de cet enregistrent effectué entre Bamako, Londres et Paris qui marque les vingt ans de carrière de la chanteuse, un album que l’on rangera parmi les hauts-faits de la création musicale ouest-africaine des années 2000.