Paris
26/03/2009 -

Dans cet album, on a le sentiment d’une vision plus globale du monde…
C’est peut-être la consécration d’un sentiment de compréhension et aussi d’incompréhension du monde. Il est évoqué indirectement dans ce disque, des questions religieuses, politiques sociales, absolument poétiques aussi. Ce sont les rouages du monde qui se mélangent. J’aime la part d’ombre de la vie, quand les choses ne sont pas complètement décrites. Si j’étais peintre, je ne ferais qu’un œil à mon personnage, peut-être.
Que raconte le morceau Pays natal ?
C’est une espèce de petit opéra cosmique. On parle de la spoliation des terres, de l’appartenance, de la fuite, de la guerre, de l’exil, du colonialisme ou des nouvelles formes qu’il peut prendre aujourd’hui. Ce sont des sujets qui m’intéressent beaucoup…
Référence à Aimé Césaire et à son Cahier d’un retour au pays natal ou pas du tout ?
Je n’ai pas pensé à Césaire directement, mais beaucoup à la langue incomparable développée par les écrivains créoles, caribéens et réunionnais. C’est une foudre de mots avec une dimension mystique très puissante. Je préfère d’ailleurs le mot "créolisé" à "métissé" qu’on a souvent attribué à ma musique.

Y a-t-il du jazz dans ce disque ?
Il y en a sur tous nos disques. J’ai une grande admiration pour les jazzmen. Un jour, Don Cherry m’a serré la main, c’était presque un des plus beaux moments de ma vie. J’admire les musiciens qui vont loin avec leur instrument, et les jazzmen ont un rapport extrême et désespéré avec leur trompette ou leur piano. J’aime aussi beaucoup d’autres musiques, mais le jazz possède une profondeur de champ extraordinaire.
Eglantine Chabasseur
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