Chronique album
ParisÂ
17/04/2009 -Â
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Cette fois, sur ce nouveau CD de huit titres enregistré avec ses musiciens dans les loges de plusieurs salles de concert durant sa tournée française fin 2008, le chanteur ivoirien voulait notamment saluer l’arrivée au pouvoir de Barack Obama qui lui a inspiré Changement historique. Et quand il s’agit de condamner la prise de pouvoir par les militaires en Mauritanie à travers les paroles de Mon Général, Tiken retrouve sa plume originale, directe et dense.
Aucun doute, son écriture spontanée est bien plus efficace ici que lorsqu’il travaille avec des co-auteurs. Ses expressions, ses formules apportent une vraie valeur ajoutée à ses textes. "Conakry électricité, chacun son tour, comme chez le coiffeur" commente-t-il dans La Guinée, évoquant les délestages qui affectent tour à tour les quartiers de la capitale de ce pays. Ambassadeur de la non-violence pour les organisations membres du Rasalao, Tiken dédie également une chanson à ce Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest qui œuvre entre autres en Côte d’Ivoire.
L’autre partie de Radio libre est constituée de dubs, avec des versions spectrales de Foly (hommage aux panafricains) et Soldier. FX, l’ingénieur du son habituel de l’Ivoirien, a pétri, découpé, remodelé à la mode jamaïcaine la matière brute qui avait servi de base à l’album L’Africain. Dans son élan, il a même fait remonter à la surface Rastaman, un titre qui avait été mis de côté à l’époque. Une vraie surprise mais pas tout à fait un inédit, puisqu’il s’agissait d’une reprise d’un morceau présent sur la première cassette de Tiken en 1994… commercialisée seulement en Afrique. L’histoire, parfois, se répète.
Bertrand Lavaine
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