Paris
16/09/2009 -
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Et, d’ailleurs, il n’y a peut-être pas moins de malice dans Je chante le blues, dont paroles et musique sont de Carla Bruni. "Moi je chante le blues/Même si le blues n’est pas pour les filles comme moi", chante-t-elle, ce qui est aussi bien vu en ce qui la concerne, qu’en ce qui concerne sa cadette, aussi différentes soient-elles par ailleurs.
Toutes peines confondues joue volontiers de ces surprises-là, tant Sylvie Vartan semble elle-même en liberté quant à son identité musicale, après des dizaines de millions d’exemplaires vendus de centaines de chansons depuis ses débuts glorieux en 1961. Alors, curieusement, on ne finirait pas d’énumérer les nouveautés de ce disque, tant dans les collaborations (Marc Lavoine, Eric Chemouny, Pierre-Dominique Burgaud, Nathalie Rheims) que dans le fait qu’elle signe maintenant une partie de ses musiques comme celle, magnifique, d’Une lettre d’amour. Cela tient-il à son changement de maison de disques ? Deux ans après son album de reprises Nouvelle vague, paru chez Universal, elle revient au label de ses débuts, RCA (qui appartient aujourd’hui à Sony).
Mais les fidèles ne seront pas déçus : sous la photo de pochette signée de Pierre et Gilles, c’est bien Sylvie que l’on retrouve, avec sa voix au glamour un peu mat, à peine plus installée dans les graves que d’habitude. Et toujours la même manière de se tenir à distance de tout pathos trop flagrant, d’échapper au romanesque par une sorte de quant-à-soi têtu. Toujours star, toujours fidèle aux attributs de la légende.
Bertrand Dicale
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