Paris
09/11/2009 -

Comment l’envie de travailler avec Gaëtan Roussel est venue ?
En buvant des coups dans un bar de Ménilmontant ! Je réfléchissais justement à la chanson qui s’appelle Bonjour. Je lui ai demandé si ça le tentait d’écrire une version en français, pendant que j’en écrivais une en arabe. J’ai préféré sa version, on l’a gardée et j’y ai ajouté mes textes. Tout s’est fait si simplement que je me suis dit, pourquoi ne pas pousser la collaboration plus loin ? C’est comme ça, au feeling, qu’il est devenu une sorte de producteur / réalisateur de mon album.
Votre son a-t-il pris d’autres couleurs à son contact ?
Oui, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai travaillé avec lui. J’ai longtemps collaboré avec Steve Hillage, j’avais besoin de passer à autre chose. J’aimais beaucoup le travail que Gaëtan Roussel avait fait avec Alain Bashung. J’avais envie qu’il m’apporte une certaine fraîcheur, cette légèreté de la chanson française qui sonne très country à mon oreille. Mon idée, c’était de faire un disque de folksong, façon Bob Dylan, Elvis Presley ou Ry Cooder que j’adore.
Vous avez enregistré une partie de l’album dans le studio new-yorkais de Mark Plati, qui a officié aux arrangements et au mixage. Que vous a-t-il apporté ?
Il a travaillé avec David Bowie, Alain Bashung, les Rita Mitsouko… Je dirais qu’il a fait souffler sur certaines chansons de cet album un vent rock assez urbain. C’est grâce à Gaëtan qu’on s’est retrouvés en studio avec lui et c’était super. Je suis pour les voyages, les rencontres. Il faut aller voir ailleurs pour s’enrichir et varier sa musique. Faire douze fois le même album, non merci ! J’ai horreur d’être figé. La musique, c’est comme la nourriture : je ne mange et ne sers pas toujours le même plat pour ne pas m’écoeurer et ne pas écoeurer les autres.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale que le ministre français de l’immigration Eric Besson vient de lancer ?
Cela me ramène vingt-cinq ans en arrière, quand je chantais Douce France… Or aujourd’hui, la jeune génération est beaucoup plus tolérante que dans les années 1980. Chacun a des amis marocains, algériens, portugais, sénégalais sans qu’on s’en soucie plus que ça. Pourquoi ce ministre a-t-il besoin d’aller raviver des choses enfouies si ce n’est pour aller chasser sur les terres du Front national avant les élections ? C’est déjà lui qui avait ressorti l’histoire des tests ADN pour maîtriser l’immigration. Cet homme ne vit vraiment pas dans la réalité pour proposer des solutions aussi hypocrites. Et dire qu’il a fait partie de la gauche…
Fleur De la Haye
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