Paris
20/11/2009 -

Car oui, et Diam’s l’avoue sans détour, le succès peut aussi détruire une artiste. Adulée sur les scènes de France et d’ailleurs, seule une fois de retour dans sa chambre d’hôtel. Présente sur les plateaux télé et adorée par ses nombreux fans, mais haïe par les jaloux et tous ceux qui ne supportent pas de voir une femme, rappeuse de surcroît, dépasser ses homologues masculins.
Elle dit tout dans son disque

Seule ombre au tableau : l’absence de ces bulles de bonheur insouciant qu’étaient les hits La boulette, Jeune demoiselle ou même Confessions nocturnes. Car sur SOS, la seule respiration fun est Peter Pan, morceau anecdotique racontant la crise d’enfance d’une chanteuse qui refuse de grandir et affirme que "C’est la crise, ouais, chez moi y a plus de Haribo/Papa dit que c’est d’la faute à Sarko". Bon. Pas de quoi en faire un tube, mais le propos de ce disque adulte et écorché est à chercher du côté de Cœur de bombe, déchirante histoire d’une rupture sentimentale, de Poussière, texte lacrymal surpuissant, ou encore de Mélanie, intro schizo où Diam’s discute avec elle-même, en pleine crise de doute.
Les musiques de Tefa & Masta, boostées par les guitares de Christophe Minck et les pianos de Marc Chouarain, sont au service d’une artiste qui étale ses états d’âme et nous entraîne dans son gouffre, mais aussi là où elle a trouvé de quoi être, dit-elle, "en paix avec elle-même". On peut craindre pour la promo de ce disque sombre et intense tant l’absence médiatique sera dure à gérer, mais on ne saurait douter de la sincérité de son auteur, qui s’y livre comme rarement artiste l’aura fait. Un disque suffit-il pour parler au public en cette époque médiatique ? Le silence radio de Diam’s jettera-t-il de l’ombre sur les ventes de ce SOS aux teintes noires ? Réponse après les premières semaines de vente.
Diam’s SOS (EMI) 2009
Olivier Cachin
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