Paris
03/12/2009 -

Ce disque répond-il à une envie de longue date ou l’avez-vous imaginé après la fin de votre aventure avec Gnawa Diffusion ?
Ce n’est pas un enfant accidentel, loin de là. Quand j’étais avec Gnawa, j’avais commencé à écrire certaines chansons de ce disque. Je voulais d’abord faire une pause : quinze ans de route, je n’en pouvais plus. Je me disais que j’avais des titres prêts et que le jour où je serai fauché, je me remettrais à travailler. Et tout est reparti sur les chapeaux de roues parce que l’envie était forte. On l’a fait en huit mois, sachant qu’on était en tournée et qu’on avait peu de temps entre les concerts.
Une tournée avec un répertoire qui n’était pas encore enregistré ?
On l’a toujours fait avec Gnawa. Ce sont deux émotions très différentes. Arriver dans une salle où les gens ne connaissent pas ta musique, ça t’oblige à une gymnastique plus compliquée que si le public connait les paroles. J’aime ça. Quand tu fais un concert, que tu retrouves quinze vidéos sur Youtube et que le lendemain les gens chantent le refrain alors qu’il n’y a pas encore de disque, tu comprends que tu peux faire ton boulot sans matraquage médiatique.

Pourquoi avoir choisi de donner à votre album un titre qui se lit de différentes façons ?
C’est un album qui a été fait en marchant, sans étude de marché, mais comme un gamin qui n’a pas de jouet et doit le fabriquer. C’est aussi un clin d’œil aux marches noires, comme celle de Martin Luther King. Et dans le manichéisme ambiant, si le noir est la couleur du mal, je la préfère car ça ne m’intéresse pas de faire partie de l’axe du bien, des bien-pensants et bien-mangeants.
Amazigh Kateb Marchez noir (Iris/Harmonia Mundi) 2009
Jusqu'au 11 décembre 2009, en tournée en Algérie
Bertrand Lavaine
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