Chronique album
ParisÂ
03/12/2009 -Â
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Ce n’est pas par hasard que son album Marchez noir est sorti le 17 octobre dernier en Algérie : 48 ans plus tôt exactement, à Paris, une manifestation pour l’indépendance de son pays natal avait été durement réprimée, faisant plusieurs dizaines de victimes. Avec ce premier projet personnel, le chanteur trentenaire affirme désormais sans retenue cette identité qu’il ne pouvait totalement exprimer dans une aventure collective, même si l’on retrouve à ses côtés quelques-uns de ses anciens compagnons de route.
En faisant le choix d’une orchestration plus acoustique, Amazigh donne plus de place au chant et aux textes. A deux reprises, il retrouve les mots de son père Kateb Yacine, personnage phare de la littérature algérienne moderne. D’abord sur Bonjour, astucieusement placé en ouverture de l’album, puis un peu plus loin sur Africain. Que ce soit aux sons des percussions et de la mandole, ou sur un instrumental reggae plus fourni, chaque fois que le fils s’empare du verbe paternel, il le met joliment en relief. Le constat vaut aussi pour certains de ses titres, comme Chantes avec moi. Mais la tentation de donner trop de graves à sa voix, de toaster ses textes comme un deejay jamaïcain ou de prendre une rythmique quasiment drum & bass fait perdre le fil de cet album qui, au final, donne la sensation de manquer de cohérence musicale.
Amazigh Kateb Marchez noir (Iris/Harmonia Mundi) 2009
Jusqu'au 11 décembre 2009, en tournée en Algérie
Bertrand Lavaine
Â
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