Paris
14/12/2009 -

Merci donc au hasard, même si on se doute bien que ce dernier n’a eu que fort peu de place dans l’élaboration de ce bijou musical aux couleurs de landes et de mers. "Un anniversaire, c’est souvent l’occasion de faire un tour du propriétaire, d’aller au fond des choses, de la cave au grenier. C’est un peu mon propos avec cet album. Montrer différentes facettes de ma sensibilité, des facettes parfois assez éloignées, mais des facettes qui sont évocatrices de qui je suis et de mes goûts."
Qui est donc Alan Stivell ?

"Je me méfie des schémas réducteurs, simplificateurs qui mélangent souvent tout à commencer par la langue, les langues et la République. Je veux bien que le français soit la langue de la République, c’est pratique puisque commun à tous, mais je veux aussi savoir si toutes les cultures sont égales indépendamment du nombre de personnes qu’elles concernent. Si au final, chaque être humain pèse le même poids ? Ces questions que je ressasse depuis mes débuts, sont toujours d’actualité. Elles concernent autant les peuples aborigènes bretons ou basques que les peuples immigrés. La question centrale est de savoir comment faire pour que les individus, quels qu’ils soient, se sentent respectés. Comment faire pour qu’ils vivent harmonieusement ensemble et pour qu’ils ne se sentent pas prisonniers de leur identité ?".
Voir (et entendre) loin
Parfois ballade (Lusk, Marionig), parfois rock (Gaels’Call, Goadec Rock), son répertoire toujours profondément celte, sait tirer des bords jusqu’aux rivages de l’Afrique ou de l’Inde. "La musique bretonne n’est presque pas européenne, c’est peut-être une des raisons pour laquelle on peut l’associer aisément à des rythmes d’autres continents. De façon générale, les gens du pourtour sont naturellement ouverts à l’autre, comme si la double culture coulait de source pour eux" explique le musicien qui a été formé dans le giron de la musique classique européenne.

En dehors des cadres par essence, la musique d’Alan Stivell a su s’enrichir des progrès technologiques. "Je mets au défi l’auditeur de savoir si c’est une cornemuse acoustique ou MIDI. Il en va de même pour la harpe. Ces avancées m’offre une belle liberté. Je peux improviser tout seul des duos où je me ballade par rapport au temps et au rythme du morceau, ce qui serait impossible à deux."
Dès janvier, Alan Stivell et ses musiciens démarreront au Canada une tournée mondiale qui passera par la France le mois suivant. "La tournée va s’étaler sur un an ou deux avec quelques gros festivals l’été prochain et quelques beau rendez-vous" ajoute-t-il avant de citer pêle-mêle "une rencontre de harpistes en Irlande au printemps, un voyage au Vietnam pour préparer une résidence avec des musiciens vietnamiens, présentée aux Tombées de la Nuit à Rennes en juillet". Plus tard encore, il décollera pour Bamako, mêler les cordes de ses harpes à celles des koras. Définitivement, la mer ouvre sur le monde !
Squaaly
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