Chronique album
Paris
28/12/2009 -
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Mais ce n’est pas un ancêtre isolé sur son Olympe qui parle dans A voix basse : Aznavour continue de travailler. Il a ainsi fait une nouvelle fois le voyage vers l’Amérique, à la rencontre du Clayton-Hamilton Jazz Orchestra, dans des studios de Los Angeles où Nat King Cole, Frank Sinatra, Louis Armstrong ou Ella Fitzgerald enregistrèrent avant lui. Au générique, quelques guest stars dont les noms sont familiers aux jazzophiles, comme les chanteuses Dianne Reeves et Rachelle Ferrell ou le pianiste Jacky Terrasson. Evidemment, il reprend quelques-uns de ses classiques comme La Bohème, Comme ils disent ou Le jazz est revenu, mais aussi des chansons plus rares, voire inconnues du grand public, comme Des amis des deux côtés ou Je n’oublierai jamais.
Avec ce big band aux accents très fifties, Aznavour bénéficie du plus moelleux tapis swing qui soit, des instrumentistes au dynamisme infatigable venant tresser avec lui un jazz élégant mais tout confort. Rarement, d’ailleurs, il n’a disposé d’une si généreuse matière pour jouer de tous les décalages et déhanchements de la musique dont il fit son miel de jeune chanteur, il y a quelques dizaines d’années. Un peu comme le Frank Sinatra de la maturité, il swingue avec une économie de moyens étonnante, sans éprouver le besoin de la démonstration et de l’éclat. En même temps que l’édition de ses sentences d’artiste d’expérience, voici une démonstration par l’exemple du savoir-faire d’un maître en chanson.
Bertrand Dicale
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