Paris
22/01/2010 -

Pour tous, le guitariste est un objet de culte, honoré chaque année d’un festival à Samois-sur-Seine où il est enterré. Depuis plus d’un demi-siècle, on ne compte plus les exégètes de celui qui a essaimé au-delà de nos frontières. Woody Allen en fera le sujet d’un film, Accords et désaccords avec Sean Penn. Le Roumain Florin Niculescu publiera Djangophonie en 2005, avec un bel écho. Le succès rencontré par le clarinettiste Evan Christopher, Django à la créole, en est l’un des récents exemples. Un parmi tant.
En ce début 2010, l’Hexagone célèbre donc le tutélaire guitariste, devenu héros de l’identité nationale jazz, bien que né en Belgique le 23 janvier 1910. Le mensuel de référence Jazz Magazine publie un texte d’Yves Salgues, La légende de Django que tout amateur se doit de lire, et passe à la question certains des plus ou moins jeunes héritiers. Et ceux-ci ne manquent pas !
Le véloce Bireli Lagrène, guitariste emblème du swing manouche made in France, en reste le premier de la liste, même si son récent opus marque une pause sur le sujet. "C’est quand même le guitariste qui m’a donné envie de jouer. Grand et profond respect !" L’autre émule qui a beaucoup fait couler d’encre récemment est le Lorrain Dorado Schmidt, qui vient de publier un beau Family sur le même label. Avec à la clef quelques standards du maître dont l’inévitable Nuages, mais aussi un convaincant original intitulé Miro Django en guise d’introduction. Son cousin, le rigoureux Tchavolo Schmitt, né à Paris un an après la mort de Django, "le Mozart du peuple gitan" selon lui, est aussi l’un des plus fidèles légataires de l’héritage.
A ceux-là, il faut ajouter les excellents Stochelo Rosenberg et Samson Schmitt, Christian Escoudé dont le Trio Gitan réinvestit avec ténacité l’univers de Django mais aussi celui d’Angelo Debarre, esthète de l’improvisation, Ninine Garcia qui entend préserver l’héritage de Django tout en s’affirmant comme un sérieux compositeur… Ou encore Boulou Ferré, avec ou sans Elios, sevré depuis tout petit. "Je chantais par cœur des centaines de chorus de Django, mais il m'était interdit de toucher la guitare. C'était la technique de mon père : une question de respect, une façon de faire monter l'envie, jusqu'à ne plus en pouvoir"*.
Dans la même classe (d’âge), il faut également mettre l’accent sur Romane, Gadjo qui s’est imposé comme l’un de ses meilleurs disciples, loin d’être un simple épigone, sur une scène pourtant fournie en la manière.

Dans la famille de tous, on naît guitariste. Il en va ainsi du virtuose Steeve Laffont et du méconnu Samy Daussat, à suivre de près. Remarqué par la presse, le premier disque de Rocky Gresset l’a distingué pour sa technique sans faille. Enfin, "last but not least" de cette liste, David Reinhardt, petit-fils de Django et fils de Babik, anime son propre trio où l’on remarqua il y a quelques années déjà son cousin Noé, pas moins intéressant quand il pose ses doigts sur la fameuse Selmer 607.
* Boulou et Elios ferré, fils de Matelo Ferré, compagnon de route de Django Reinhardt et membre du Quintette du Hot Club de France
Jacques Denis
22/01/2010 -
22/01/2010 -
22/01/2010 -
22/01/2010 -
18/09/2009 -
04/12/2007 -
18/09/2007 -
16/05/2006 -
31/03/2005 -
15/10/2004 -
15/05/2003 -