Paris
01/02/2010 -

Une centaine d’habitants, des vaches et des tracteurs, au cœur de la France. "A mon retour d’Angleterre où j’avais eu la chance de partir pour la musique, je me suis demandé si j’allais rester à Paris. Mon frère m’a dit de venir voir chez lui, en Auvergne, et je suis tombé amoureux de cette région. Dans un premier temps, je me suis dit qu’il y avait moins de stress. Et puis, c’est un autre contact avec les gens. J’aime bien ça", raconte celui qui se revendique "sénégaulois".
En bus à Londres
Pour trouver sa voie, il lui a fallu du temps, et l’inévitable coup de pouce du destin. Pendant des années, il reconnait s’être "éparpillé". A ses débuts à Dakar, adolescent, il est bassiste dans un groupe aux sonorités afro-mandingues. Le jeune homme écoute Touré Kunda, Osibisa, Fela et toutes musiques anglophones que passe la radio gambienne. Le renouvellement des effectifs de la formation avec laquelle il joue le conduit à prendre le chant, la guitare, à composer, tout en restant bassiste pour d’autres artistes.
A 25 ans, en 1998, il quitte son pays pour la France. Le cœur a ses raisons. La décision fut douloureuse à prendre car cela revenait à privilégier ses ambitions personnelles au détriment d’un objectif collectif auquel les autres musiciens adhéraient. "Mon départ signifiait la mort du groupe", soupire-t-il. Son pressentiment s’est révélé exact. Quand il évoque le sujet, une pointe de regret remonte à la surface, vite balayée par tout ce que cet exil volontaire a eu de positif pour sa carrière.
D’abord, il y a eu en 2001 ce CD 3 titres, Diamono Euro, destiné à sensibiliser les immigrés africains à l'arrivée de l'Euro. Retenu et financé par la Fondation de France dans le cadre des actions menées à l’occasion du changement de monnaie, le projet avait été suivi d’une tournée dans les foyers des travailleurs immigrés en Europe !
La découverte du guembri

Un label phare des musiques du monde lui propose d’enregistrer un premier album : Sigil, paru en 2006, sera nommé aux awards de la world music organisés par la BBC, dans la catégorie révélation. Le début d’une aventure britannique que Number One Bus explore sous d’autres angles, avec la volonté de continuer à faire tomber les barrières entre les musiques et les langues.
Bertrand Lavaine
20/09/2006 -