Paris
02/02/2010 -

Pendant des années, Agnès Bihl parut sur scène avec ses cheveux blonds séparés en deux couettes de gosse et, dans des robes de couleurs vives. Elle chantait des humeurs grises et des colères noires. Sur les affiches de sa nouvelle tournée, on la voit vêtue de noir, mais avec un sourire plus heureux que jamais – un sourire à l’humeur légère, une humeur que l’on découvre chez elle avec son nouvel album, Rêve général(e).
Ses trois premiers albums (La Terre est blonde en 2001, Merci Maman, merci Papa en 2005, Demandez le programme en 2007) étaient tout en rage, en indignation, en sourires sarcastiques. Dans Rêve général(e), elle aborde un autre versant de l’existence, avec des plaisirs innocents, des amours joyeuses, des personnages de comédie. Agnès Bihl sourit et parfois même rit franchement.
Est-elle toujours aussi révoltée ? Elle rassure ses fidèles : "Tant que le monde ne changera pas, mon sentiment ne peut pas évoluer non plus." Mais ce nouveau disque est très consciemment "moins dur et moins glauque. J’écris toujours en vue de la scène et mon précédent album était très noir. Même s’il y a des chansons que je continuerai de chanter en concert, je n’en pouvais plus de chanter tout ça. J’avais envie de sourire, de chanter des choses plus optimistes, des choses bien."
Un peu plus d'espoir
Car elle n’a pas toujours été une amoureuse de la mélodie pour le plaisir de la mélodie. La chanson était pour elle une manière d’affronter le monde, et un art auquel elle n’était pas préparée dès l’enfance, élevée par un père juriste et historien : "La musique est le seul art qui ait été absent dans mon enfance. Il y avait plus de cinq mille livres à la maison. Ma grand-mère était peintre et nous allions très souvent aux expositions, toute la famille était cinéphile… Je suis allée au théâtre dans mon enfance mais jamais au concert. La discothèque de mes parents n’allait pas au-delà de Georges Brassens et Paul Robeson. A six ou sept ans, j’ai eu deux grands amours, Chantal Goya et Jacques Brel. Tous les jours j’écoutais Fernand et je pleurais. A douze ans, j’avais plus de disques que mes parents." Suivra "une adolescence difficile, comme un peu tout le monde."
Une belle dose d'inconscience

Le générique de Rêve général(e) révèle beaucoup sur ses goûts et sur ses compagnonnages. Didier Lockwood a composé SDF tango, sur lequel il joue du violon, Grand Corps Malade chante en duo avec elle Je t’aime que moi, Alexis HK chante aussi sur Habitez-vous chez vos amants et toute une bande de copains prend les chœurs sur De bouche à oreille : Anne Sylvestre, Yves Jamait, Aldebert, Benoit Dorémus, Nicolas Bacchus, Marie Tout Court… L’album a été réalisé par Didier Grebot, compagnon de route de Jamait, qui a emmené Agnès la Parisienne dans un village minuscule à la campagne pour enregistrer. Et, après avoir chanté pendant des mois en première partie de Charles Aznavour, à Paris puis en tournée, elle présente maintenant son nouveau spectacle et ses nouvelles chansons. Rêve général(e), en général...
Bertrand Dicale
30/07/2009 -
23/03/2009 -