Paris
16/02/2010 -

Quelles sont les particularités de la musique de Grand-Bassam ?
D’abord, les tam-tams parleurs de l’abissa qui est une danse annuelle pour célébrer la nouvelle année. Ensuite, Grand-Bassam est la ville où les colons ont débarqué : nous avons été les premiers à connaître les instruments modernes et notamment les cuivres. Je me suis beaucoup inspiré des musiques de fanfare pour imaginer le zoblazo. Par dessus, j’ai rajouté la guitare saturée, la basse, la batterie, les synthés pour donner une couleur mondiale à ma musique.
De quels artistes africains, européens ou internationaux vous sentez-vous l’héritier ?
Musicalement, je n’ai pas suivi le processus d’un mouvement musical déjà enclenché, j’ai créé une musique qui n’existait pas. Dans les textes, par contre, je me suis inspiré de "grandes gueules" de la musique africaine, comme Fela Kuti ou Pierre Akendengue, des messagers. Côté couleur de voix, j’ai été émerveillé tout petit par un Ivoirien virtuose de la chanson, avec une voix très soul, Bailly Spinto. Il était très en avance sur son temps.

Vous avez fait de choses très sérieuses, des chansons légères, je pense notamment à la prudencia, une danse de guerre où les danseurs évident des balles imaginaires…
A l’époque, la Côte d’Ivoire était en pleine crise, il y avait beaucoup de tueries, de disparitions, donc je lançais un appel aux populations. Il fallait être prudent. Je disais dans cette chanson (ndlr : KK Mou Prudencia), que notre pays était un modèle de paix, que l’Ivoirien ne connaissait pas le pistolet. Dans un tel contexte, les artistes sont les rares personnes à faire plus ou moins l’unanimité, nous avons la capacité à rassembler plus que les hommes politiques. Je suis un chanteur engagé pour les populations.
Eglantine Chabasseur
16/02/2010 -
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