Paris
16/03/2010 -

Mais son album éponyme l’a pour la première fois projetée à l’avant-plan. Un grand saut qu’elle envisageait depuis quelques années. "Je faisais de la musique sans arrêt, j’étais constamment en tournée avec d’autres artistes et amis. Mais faire mes propres chansons est vite devenu un désir qui ne me quittait plus. Je sentais que je devais absolument me lancer." En mars 2009, c’est mission accomplie. Elle troque alors Fournier, son véritable patronyme, pour Arthur, le prénom de son père. Une référence à sa Gaspésie natale, qu’elle a quittée à seize ans pour vivre à Montréal. "À Grande-Vallée, le village d’où je viens, on nous nomme en référence à nos parents. Par exemple, moi j’étais 'Marie-Pierre à Arthur'. J’aime ce nom et j’ai toujours été appelée ainsi, je n’ai donc pas l’impression que c’est réellement un pseudonyme."
Rapidement, le disque Marie-Pierre Arthur récolte un succès d’estime et l’artiste est nommé au Gala de l’ADISQ (équivalent des Victoires de la musique). Elle est aussi sélectionnée pour représenter la scène québécoise dans le cadre de l’événement M pour Montréal, une vitrine internationale importante. Depuis, avec un plaisir manifeste, elle tourne sans arrêt pour faire connaître ses propres compositions et conquérir un public amoureux de chanson francophone sensible et intelligente.
Créer ensemble
Deux membres de Karkwa, François Lafontaine et Louis-Jean Cormier, de même que Robbie Kuster, le batteur de Patrick Watson, ont participé à l’enregistrement de Marie-Pierre Arthur, qui s’est déroulé sur une quinzaine de jours, à plusieurs kilomètres de Montréal. “Nous nous sommes enfermés loin de la ville. On se levait, on mangeait tous ensemble, puis on travaillait. L’ambiance parfaite ! Ce studio est l’un des endroits où j’ai été la plus heureuse dans ma vie.”
Pour elle, la musique n’a rien d’individuel, et son projet solo, elle le conçoit bien davantage comme un parcours amical. Pour écrire les textes de l’album, elle a aussi fait appel à une amie : la chanteuse d’origine française Gaële Tavernier, désormais installée au Québec. “Je suis arrivée avec mes textes puis on en a beaucoup discuté. Gaële plaçait les mots comme si c’était un puzzle. C’est elle qui leur a donné la forme de chansons." Difficile de coécrire des paroles aussi introspectives ? "Ça demande beaucoup de complicité. Je ne pense pas que j’y serais parvenue avec quelqu’un d’autre. Le résultat me ressemble terriblement.”
L’amour du live

En un an, le nouveau quatuor a parcouru la plupart des régions du Québec. Mais Marie-Pierre trouve encore le temps de travailler avec Ariane Moffatt, qui présente ces jours-ci au Québec des concerts intimes en formule trio. Elle prépare aussi un projet qui aborde le répertoire d'Alain Bashung. Aspire-t-elle désormais à se concentrer uniquement à ses propres pièces ? "Je pense que la musique, ce n’est pas une affaire de carrière. Plus j’en fais, mieux c’est et je vais dire oui aux autres projets tant que je le pourrai. Il arrive de plus en plus que je n’ai pas le temps et ça me fait parfois de la peine. Mais j’ai tellement de plaisir à voir mon projet évoluer !”
Marie-Hélène Mello
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