Paris
22/03/2010 -

Ce côté féminin, est-ce une réminiscence de vos années passées au sein de Zap Mama ?
Oui, sûrement. Zap Mama fait partie de ma vie. Je suis restée six ans dans ce groupe vocal. Ça reste une famille pour moi. D’ailleurs, Marie Daulne, la leader de Zap Mama, est venue chanter sur mon album. Comme Sabine Kabongo, une ex-membre du groupe. C’est vrai qu’il y a beaucoup de voix sur mon disque. Et les voix sont plus féminines alors que le rythme, que j’avais souvent voulu accentuer jusqu’à présent dans ma musique, est plutôt masculin.
Comment s’est constituée l’équipe de musiciennes avec laquelle vous avez menée à bien ce projet ?
Le principal est de trouver les bonnes personnes afin qu’on puisse parler le même langage. Je suis donc allée un peu partout en Europe pour faire des auditions : à Paris, c’était Virna Nova, la guitariste française. A Bruxelles, j’avais travaillé avec Anja Naucler, la violoncelliste suédoise. Lene Noorgaad, la Danoise, c’est carrément ma sœur, elle a travaillé avec moi sur mes trois albums. Ça va faire trois ans que je suis avec ces filles-là sur ce projet. Ça veut dire qu’on a pris le temps de se connaître, de faire des petits concerts, jusqu’à effectuer une tournée d’un mois au Canada. Maintenant, nous sommes rodées.
Sur une même chanson, les textes sont parfois chantés dans de nombreuses langues. Combien y a-t-il de langues différentes au total sur l’album ?
Je ne me suis jamais posé la question mais en fait il y en a vraiment beaucoup ! Français, anglais, swahili, lingala, baoulé, arabe, danois, dioula, dida….Quand je compose, c’est avec ma basse ou ma guitare, et quand je fais appel à un musicien ou un chanteur, il vient avec sa langue, tout ton talent. Je préfère que ça fonctionne comme ça, que chacun puisse se retrouver dans ce qu’il dit. Je ne le fais pas en pensant que ça va être super parce qu’il y aura trois ou quatre langues. Ce qui m’importe le plus, c’est la musicalité, l’émotion. Savoir si cela transcrit bien l’idée que j’avais en tête.

Est-ce là, les fondements de votre identité musicale ?
Quand tu écoutes fort mes chansons, tu entends la tristesse qu’il y a dedans. Peu de gens le comprennent et du coup, par moment, c’est difficile de continuer à travailler cette musique parce que je me sens découragée, je me dis que je me plante, que ce que je fais ne plaît pas… Mais je tiens à rester fidèle à moi-même. Le jour où j’arrêterai de faire des albums, je continuerai à jouer ma basse. Et je lui en mettrai plein la tronche !
Bertrand Lavaine
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