Reportage
Dakar
30/03/2010 -

"On reprend, il nous faudrait de la lumière en plateau", demande la scripte devant les candidats qui se replacent. Sur les planches de la salle de l’Unité africaine du Cices de Dakar, complètement relookés, les quatorze participants d’Africastar deuxième édition font leurs dernières répétitions avant le premier prime. A l’entrée, plusieurs dizaines de personnes s’entassent déjà derrière les barrières et commencent à perdre patience, certains sont là depuis deux heures. L’événement est attendu. La première édition de ce concept entre le télé-crochet, l’Eurovision et la Star Academy avait réussi à réunir plus de 70 millions de téléspectateurs devant leur poste à chaque émission.
"Je la suivais à la télévision alors là je suis venue voir, c’est plus intéressant", indique Ndeye Marie, 22 ans. A côté d’elle, Mohamed peste : "je ne sais pas pourquoi on ne nous laisse pas entrer !" Tous ont hâte de voir, comme El Hadj Ouattara, un étudiant ivoirien, "ceux qui auront du talent et les grandes stars de ce soir". Au menu, rien de moins que Sean Paul, Fally Ipupa et Slaï.
Asta a le sourire aux lèvres. La Camerounaise sait que la soirée va être chaude. Pas de préférence, "il ne faut pas dire que c’est le candidat de mon pays, je vais voter pour lui. Il faut donner la chance à celui qui le mérite, à celui qui aura la plus belle voix. Je supporte tout le monde. C’est l’'Africa Unite', lance-t-elle.

Une belle brochette d'artistes
Justement, après l’arrivée tonitruante de Claudy Siar, le présentateur, les 14 candidats font leur entrée, habillés, maquillés, en chantant leur version d’Africa Unite de Bob Marley. "On a une belle brochette d’artistes, on va avoir de belles surprises", avance un des membres du jury. Sur les 11 primes, le chorégraphe Bernard Lebeau et le professeur de chant Cristel Dibantsa donneront leur avis, les deux autres fauteuils seront tournants. La salle chauffe, les membres du jury se tamponnent les tempes tandis qu’Ahmar, Rock Herman, K Bertrand, Guy Michel, Viviana, Djonyvan, Nuella, Glamsy, Mefane, Toumani, Habiba, Isso, Sylva et Foly Nedy vont s’asseoir sur leurs cubes.
Claudy Siar n’a pas encore dit son nom mais les spectatrices hurlent déjà : l’artiste jamaïcain Sean Paul entre en scène, avec sa nouvelle coupe de cheveux. Délire total. Puis vient le tour des candidats, la jeune Togolaise est la première à s’avancer micro en main, avec des danseuses derrière elle.
Les chansons s’enchaînent et les commentaires du jury se suivent et se ressemblent presque : "pas mal, encouragement, bonne complicité (pour les duos)". Arrivée du zoukeur Slaï et dans la salle, les filles s’égosillent tout en essayant de le toucher.

Diversité culturelle
Ensemble, la semaine dans une grande villa, les candidats apprennent à se découvrir tout en s’exerçant au chant et à la danse. "C’est la diversité culturelle, je découvre des mentalités, des façons de vivre, de la nourriture que je ne connaissais pas", explique le jeune homme de 20 ans. "Je vois cela comme une porte pour me professionnaliser davantage, pour me faire connaître d’un public plus large que celui du Gabon". Même objectif pour ses camarades.
Fin du show en chanson, tous réunis en chœur, les bras en l’air. "Il y a un côté militant", explique Claudy Siar, également l’un des producteurs de l’émission. "Cela permet à la jeunesse de ne pas seulement regarder ce qui se passe ailleurs et de faire émerger les talents d’ici". Message reçu pour le public. "C’est l’esprit du panafricanisme, ce show", clame Sango Belko, avant de quitter les lieux, "l’Afrique a besoin de ça. Les Etats-Unis d’Afrique doivent commencer par là, l’unité musicale, c’est déjà un pas". Pour ce prime, pas de stress, il n’y avait pas encore de candidat éliminé. Il fallait juste apprivoiser public et jury.
Marie-Laure Josselin