En décembre 2009, nous avions eu le privilège de voir Gaëtan Roussel sur l’une des scènes des Transmusicales, à Rennes, et de découvrir, en avant-première, les chansons qui constitueraient sa première galette solo : un bouquet de titres nourri à l’élégance, à la gentillesse et au talent de leur créateur.
Trois mois plus tard, l’épicé
Ginger confirme les promesses divulguées sur les planches. Loin des univers de
Louise Attaque et
Tarmac, Gaëtan Roussel prend la tangente groove, ramène le son au corps, doigts qui claquent, hanches qui frétillent... Une foi en la danse, construite à coups de boucle électro, de riffs funky, de refrains redoutablement efficaces.
Avec son
"désir d’alléger le propos, de ne plus essayer de faire rentrer les mots au chausse-pied", Gaëtan Roussel dépouille, ose les prises de risques, les répétitions, les remix, les bidouillages, le mélange de l’anglais charnel au français poétique, les ritournelles tubesques chatouillées de mots tendres...
Car
Ginger révèle ses 1001 reliefs : une architecture fine qui convie, dans ses volutes, Gordon Gano du groupe américain Violent Femme, pour un très étonnant
Trouble... Mais également Renée Scroggins, chanteuse du groupe – funk minimaliste, house – ESG, qui offre un
DYWD, à quelques milliers de kilomètres des routes sur lesquelles se croise normalement Gaëtan.
Puis on le retrouve dans sa poésie teintée de nostalgie, dans le grain de sa voix et ses phrases surréalistes (
Si l’on comptait les étoiles, Dis-moi encore que tu m’aimes...). Car le chanteur de Tarmac a réussi ce tour de force, plein d’intelligence et de remise en cause : s’imprégner des autres, tous les autres, pour retracer son identité, découvrir un chemin inédit... Se dévoilent alors plein de "belles choses" dans cet opus, fort d’une pertinence musicale dont l’on devine les ingrédients – le temps, l’amour et la concentration. Vivement recommandé.