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Le casse de Ben l'Oncle Soul

Un premier album entre Stax et Motown


Paris 

22/06/2010 - 

Ben l’Oncle Soul se saoule aux sons des Sixties. Révélé il y a un an avec sa version maligne de Seven Nation Army, le Tourangeau mène depuis sa barque comme d’autres un trimaran au trophée Jules-Verne : à toute vitesse. Après une signature sur le label Motown France, il nous propose un premier album qui fleure bon les Détroit ou Memphis de la grande époque. Le vieux n’a jamais été aussi jeune !



Quand on lui demande si une cellule marketing l’épaule au quotidien pour le développement de sa carrière, Ben l’Oncle Soul se fend d’un rire franc, un peu surpris. Comme si la question pouvait être sérieuse. Pourtant à y regarder de plus près, l’histoire semble presque trop belle pour être vraie. Ben a vingt ans, à Tours, et chante le week-end avec des amis. Un peu comme tout le monde, il met quelques-uns de ces titres sur sa page Myspace. Ensuite, on croirait l’histoire habituelle des magasines pop anglais. Un gros label (Motown France, filiale d’Universal) est séduit et signe le parfait inconnu.

Ben l’Oncle Soul sort alors son premier maxi : Soul Wash en 2009. Six reprises en guise de carte de visite. Le Tourangeau reprend des titres improbables (I Kissed a girl de Katy Perry ou Say you’ll be there des Spice Girls) en version soul. Avec un sens de la dérision et une maîtrise qui séduisent d’emblée.

Là où l’expérience aurait pu s’arrêter à la grosse fête pouêt-pouêt, Ben réussit le tour de force de transfigurer certaines chansons. Barbie Girl des Danois d’Aqua devient une ballade jazzy soul à la classe bluffante. Le chanteur se risque également sur le territoire des reprises minées avec Seven Nation Army hymne massacré tous les samedis au stade. Ben a le bon goût de suggérer la gimmick plutôt que de le marteler. Il s’offre même une incursion reggae, avec le Sympathique de Pink Martini.

Nœud papillon contre baggy


Une fois le click-à-oreille lancé, Ben passe au niveau supérieur. Il se fait adouber par la tendance, avec une apparition sur une des compilations de la radio parisienne Nova. Invité par le rappeur américano-parisien Beat Assaillant, ils proposent un Spy who love me, digne de la bande originale d’un James Bond belle époque.

Ben ne semble pas vouloir quitter cette époque mythique, avec une préférence pour les années 60, version US. Il s’est bien essayé au hip hop mais très vite, il a compris que la soul était son destin. Un style qui l’a bercé comme il l’explique volontiers: "Ma mère était une inconditionnelle de cette musique. C'est elle qui m'a initié. J'ai toujours aimé cette période, musicalement et culturellement. Les gens semblaient plus distingués, habillés avec soin... "

Et Ben a toujours eu la classe. Il se fait remarquer au lycée en portant régulièrement un nœud papillon. A une époque où jeans et sous-vêtements subissent les affres de la pesanteur, une telle particularité pose rapidement le personnage. Ses amis finissent par lui trouver un surnom bien à propos : l’Oncle Ben. Un pseudo qui tape pour une carrière d’artiste. Un pseudo qui marque même un peu trop au goût du fabricant de riz du même nom. Sous la pression, Ben garde son style mais change de nom. Il se mue en Ben l’Oncle Soul.

Rétro mais pas kitsch


Son premier album éponyme, paru en mai dernier, prolonge son goût pour les Sixties entre Stax et Motown. Là encore, on pourrait lui reprocher de verser dans l’exercice de style. Ben baigne tellement dans cette époque, qu’on jurerait parfois écouter des originaux enregistrés en 65. Une impression renforcée par les visuels du disque où l’ex-étudiant en arts plastiques, titulaire d’un Capes, s’amuse à pasticher les photos d’époque. Mais même s’il joue à fond l’image vintage, l’artiste ne tombe jamais dans le kitsch.

Accompagné de Gabin Lesieur à la composition, Ben l’Oncle Soul livre un disque aussi référencé qu’efficace. Dès l’entame, Soulman donne le ton entre humour et groove insatiable. Qu’il se la joue amoureux (sur le sirupeux mais réussi L’ombre d’un homme) ou prédicateur  version Blues Brothers (Ain’t off the back), l’album fait mouche quasiment à chaque plage. Certains titres s’annoncent même comme des moments d’anthologie sur scène, le final de Petite sœur devraient faire quelques victimes…

Et des concerts, Ben va en goûter jusqu’à plus soif. Revenant avec son groupe d'une virée sur Montréal pour les Francofolies, il enchaîne avec les festivals d’été avant de repartir fin septembre pour une grande tournée en France. Un programme aussi plaisant soit-il qui semble un minimum éprouvant. Le chanteur s’y prépare : "C'est assez physique, il y a vraiment beaucoup de dates, donc j'essaie de maintenir une hygiène de vie aussi saine que possible. Mais l'ambiance du groupe est vraiment bonne. On est juste une bande de potes sur la route." Avec un tel rythme, pourvu que Ben, l’Oncle Soul, ne calle jamais…


Seven Nation Army

  par BEN L'ONCLE SOUL

Ben l’Oncle Soul (Motown France/Universal) 2010

En tournée en France et le 29 septembre à l'Elysée-Montmartre à Paris

Ludovic  Basque