Paris
23/06/2010 -

Plus de trente ans après son exil en France, le géant ougandais semble toujours hanté par la dictature qu’il a connue enfant et adolescent. Il avait été contraint de fuir son pays en 1977 lorsque son père, devenu ministre, disparaissait mystérieusement dans un accident de voiture, un assassinat maquillé. Le jeune Geoffrey quittait alors l’Ouganda pour la France, caché dans le coffre d’une voiture.
Lors de ces retrouvailles avec le public français début juin, après plusieurs années d’absence sur les scènes de l’Hexagone, il ne peut s’empêcher d’évoquer entre deux chansons ces souvenirs douloureux. Le ton reste posé, l’homme est réservé et pudique. L’une des chansons présentées ce soir-là How Long It Will Take a été choisie pour ouvrir son prochain opus. Le thème est sombre, la musique lancinante. Le texte relate l’histoire d’un condamné à mort dont le seul espoir est désormais d’être fusillé le plus rapidement possible, pour ne plus avoir à penser. "C’est quelque chose que j’ai vécu quand j’étais en Ouganda sous le régime du dictateur Idi Amine Dada. J’ai vu des soldats abattre les gens dans les lieux publics. Je me suis toujours demandé ce qui pouvait se passer dans la tête de ces condamnés à mort.".

Autre titre phare : Letter To Commander Joseph Kony. Un texte inspiré par l’un des hommes les plus sanguinaires de notre époque : Joseph Kony. Geoffray Oryema explique au public - en préambule - qu’il a voulu attirer l’attention du monde sur le sort de ces enfants soldats recrutés dès leur plus jeune âge. "J’ai ainsi adressé à Joseph Kony, dirigeant du mouvement rebelle ougandais "LRA" (ndlr : Armée de Libération du Seigneur) une lettre ouverte pour lui demander pourquoi il entraînait ces jeunes à commettre tant d’atrocités. Une copie de cette lettre a été adressée au président ougandais Yoweri Museveni. La troisième copie, je la destine, à vous public, et avec mon disque, au reste du monde".
Edmond Sadaka
16/04/2004 -
10/03/2000 -