Au cours des dernières années, le Mali s’est trouvé une cohorte d’ambassadeurs itinérants qui ont donné à leur pays et à sa culture une plus grande visibilité. En produisant des albums de grande qualité, en procédant à un dosage plus ou moins prononcé entre traditions et modernité ils ont trouvé, chacun à leur façon, les moyens de séduire au delà des frontières de leur terre natale, avec une musique qui a parfois des accents pop ou jazz.
Cette réussite, méritée, que connaissent de nombreux artistes du Mali est en grande partie la résultante d’un processus de maturation qui a démarré il y a plusieurs décennies, au lendemain des indépendances. Et les répertoires se nourrissent des influences des différentes régions de ce vaste pays, du désert du Sahara au territoire Wassoulou, en passant par les rives du fleuve Niger. Mais si la musique est une véritable richesse dont le potentiel économique a longtemps été ignoré au Mali, elle est aussi une ressource menacée : à l’image de ce qui se passe dans de nombreux États africains, le piratage met en grand danger l’industrie locale du disque et risque de freiner le développement d’une scène qui possède le réservoir de talents suffisant pour rayonner davantage.