Dossier
16/05/2008 -
A l'heure où certains parlent de liquider l'héritage de Mai 68, il semble pourtant intéressant quatre décennies après les événements français et particulièrement parisiens de prendre la mesure des changements que l'on a pu constater depuis. Au moment où se tiennent les barricades, les chanteurs de la vague yéyé, Johnny, Sylvie, Sheila et les autres n'ont pas le profil de rebelles. Ils se tiennent d'ailleurs à l'écart de l'effervescence intellectuelle du moment. Un jeune homme sort son premier album à ce moment là et l'on entend sur les radios la Cavalerie, un titre interprété par Julien Clerc, écrit par Etienne Roda-Gil, et qui résonne curieusement au moment où CRS et étudiants s'affrontent au Quartier Latin.
Même si quelques pointures de la chanson à texte comme Claude Nougaro, François Béranger ou Léo Ferré s'intéressent à ce mouvement qu'ils perçoivent peut être comme un bouleversement historique important, il est, hors des sentiers battus, des artistes en herbe qui se lancent entièrement dans la bataille. C'est le cas de Dominique Grange, artiste que l'on redécouvre aujourd'hui grâce à la sortie d'un disque intitulé 1968-2008… N'effacez pas nos traces !
L'ébullition de Mai 68 donna naissance à des courants politiques, participa à la libération des mœurs, permis à certaines idées novatrices de voir le jour. De fait, dans les années 1970 certains chanteurs, interprètes, auteurs, compositeurs et musiciens prirent le chemin de l'engagement et de la contestation. Les années 1980, quant à elles, n'eurent de cesse de balayer cet héritage trop pesant. Ou tout du moins de le digérer et d'amener les artistes vers d'autres formes d'engagement, de révolte et de contestation.
