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Dossier


Donia festival

Madagascar fête le Donia


08/06/2009 - 

Le soleil s’apprêtait à se lever sur l’île de Nosy Be quand s’est achevé le festival Donia lundi 1er juin. Lancée dix jours plus tôt à Antananarivo, la capitale malgache, cette seizième édition a montré toute la diversité de la musique de la Grande Île et de l’océan Indien.


Le long de l’artère principale d’Hell Ville, une foule compacte a envahi les trottoirs. Ils sont des milliers, parfois juchés sur les toits, à assister au carnaval qui donne le coup d’envoi du festival Donia organisé à Nosy Be depuis quinze ans. Sur cette petite île malgache, l’événement suscite une ferveur populaire qui ne s’est pas démenti cette année.

Le petit stade d’Ambodivanioa a accueilli au total près de 35.000 spectateurs en quatre soirs. A l’occasion de sa seizième édition, le Donia innovait en se déplaçant dans plusieurs villes où il ne s’était jamais produit. D’abord à Antananarivo, la capitale, puis à Diego Suarez et Ambanja. Cette dimension nationale qu’a prise le festival se reflète par ailleurs dans sa programmation, preuve que les cloisons culturelles séparant les différentes régions se sont effondrées en une décennie. Le duo pop Mika et Davis, originaire de la côte Est, l’a parfaitement illustré en débutant son show par une reprise d’une chanson de D’Gary, guitariste du sud de Madagascar.

Si le salegy au tempo extatique demeure ici encore le genre le plus apprécié, avec notamment cette année Fandrama et Wawa, tous deux têtes d’affiche, le public s’est aussi déplacé en nombre pour écouter d’autres musiques. Le kilalaka de Tsiliva, natif de l’Ouest, était très attendu.

Tout comme le rock d’Ambondrona, groupe de la capitale. Et bien que leurs noms et leurs répertoires soient inconnus des Malgaches, les artistes des autres îles de l’océan Indien ont réussi à établir un contact chaleureux avec les spectateurs.

Le chanteur comorien Eliasse et les reggaemen réunionnais de Ti Rat & Rouge Reggae en ont fait l’expérience. Venu lui aussi de La Réunion, Firmin Viry s’est comporté à Nosy Be en véritable "ray aman-dreny". Dans ce pays où la sagesse des anciens est un des piliers de la société, le doyen du maloya âgé de 75 ans et porteur des traditions a touché les 12.000 personnes, malgré la barrière du langage. Quand ce monument vivant de la culture réunionnaise s’avance, pieds nus, au bout du podium qui prolonge la scène, se met à genoux et enlève son chapeau pour s’adresser à l’assistance avec une tendresse émouvante, l’émotion est palpable. A cet instant, deux peuples cousins, liés par l’Histoire, étaient en communion.


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