Victor Démé –
Victor Démé - Chapa Blues – Mars 2008
→ le site de Victor DéméAprès 30 ans de carrière au Burkina Faso, le chanteur mandingue sort enfin son premier album.
« Je n’ai jamais eu que ma guitare pour m’en sortir, et ma machine à coudre.»
Après avoir grandi aux côtés de sa mère au Burkina Faso dans les années 60, Victor Démé s’exile à l’âge de l’adolescence et atterrit dans le petit atelier de couture paternel en Côte d’Ivoire, à Abidjan. À 20 ans, il se forge une réputation sur les scènes de la capitale ivoirienne, notamment au sein du fameux orchestre Super Mandé, mené par Abdoulaye Diabaté. Puis il rentre au Burkina en 1988 où il est alors successivement recruté par de grands orchestres, dont l’Echo de l’Africa et surtout le Suprême Comenba qui rythme les nuits de Ouagadougou.
Mais alors que Victor Démé est devenu un chanteur populaire, le destin l’éloigne de la musique pendant plusieurs années. Lorsqu’il tente de revenir après une longue absence, rien n’est facile, et pour gagner sa vie, il doit souvent se plier aux exigences des propriétaires de clubs et maquis qui lui réclament surtout des classiques de Salif Keita ou de Mory Kanté. Heureusement, Victor continue en parallèle d’affiner ses propres compositions.
En 2007, le label Chapa Blues crée pour l’occasion par 4 français passionnées lui permet de faire découvrir sa musique au-delà des frontières burkinabaises. À 46 ans, il enregistre donc son premier album dans le studio de l’association Ouagajungle, résidence d’artistes à Ouagadougou. Ces quinze titres proposent une mosaïque singulière de folk-blues, de petites romances mandingues intimistes, et d’influences latines, salsa et flamenco. L’Afrique de l’Ouest a toujours embrassé la musique latine, depuis le milieu du siècle dernier. «C’était le son de nos tantes et de nos tontons. On les voyait danser pendant les soirées, ces rythmes représentaient la fête, ils sont devenus naturels pour nous. Mais outre la salsa et le griottisme, ma base reste toujours l’afro-mandingue, le blues. ».