Paris
15/03/2005 -
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La crise terminée, les Mahaleo décident de continuer leur aventure musicale, peaufinent leur style. Ils se lancent dans le "hira vokatry ny tany", les "chansons du terroir". Leurs textes, chargés d’émotions, à la fois simples et subtiles, sont fortement ancrés dans le quotidien et la culture malgache des Hautes Terres. Ils racontent la pauvreté, la folie, l’amour, la mort, la terre, l’injustice… Au cours des années 80, leur aura est énorme. "Il suffisait par exemple que les Mahaleo portent des sandales fabriquées dans du pneu, et le jour suivant tout le monde les imitait, même si on se mettait du noir partout avec !", se souvient un fan de la première heure.
Malgré le succès, les sept compères ne changent pas d’état d’esprit. Grâce à l’argent que leur rapporte la musique, ils poursuivent même leurs études. Les uns deviennent médecins ou chirurgiens, travaillent dans des hôpitaux publics. Les autres sont sociologues et accompagnent les paysans. Ces vies professionnelles contribuent à alimenter leur réflexion. "Vous qui gouvernez de là-haut, vous auriez pu réussir, si vous étiez vraiment à nos côtés, mieux encore si nous avions fait le chemin ensemble", écrit Raoul, tandis que Dadah affirme : "Laissez-moi libre de mes choix, on ne musellera pas ma bouche qui parlera (…) Nous rendrons la parole à ceux qu’on a bâillonnés, je te veux pour mon pays, ô liberté". Certains de leurs morceaux sont interdits d’antenne par le régime socialiste des années 80. "Mais, explique Bekoto, ceux qui étaient au pouvoir étaient obligés de nous respecter parce que leurs enfants nous adoraient" !
Engagement politique et musique
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Aujourd’hui, chacun poursuit son chemin à Antananarivo, Antsirabe, Tamatave ou Morondava. Sans cesser de s’interroger sur les évolutions de la société malgache. Bekoto, par exemple, s’inquiète de l’explosion actuelle des moyens de communication : "Avec eux, les problèmes du procès de Michael Jackson sont maintenant plus connus que ceux d’un artiste du sud de l’île qui vient de perdre sa femme. Il y a quelque chose qui cloche… " Parfois aussi, les Mahaleo s’avouent lassés des tribulations des hommes politiques, toujours aussi peu porteurs du changement souhaité pour Madagascar. Mais ils ne lâchent pas prise pour autant. Refusant toute nostalgie, ils continuent d’étoffer leur répertoire, déjà constitué de quelques centaines de chansons, cherchent à passer le flambeau. Certains d’entre eux collaborent ainsi avec de jeunes artistes, d’autres chantent en solo. Et quand l’occasion se présente, les sept vieux copains de lycée se retrouvent pour partager avec le public ces petites histoires de tous les jours qui le touchent toujours autant.
Fanny Pigeaud
Au cinéma : Mahaleo de César Paes et Raymond Rajaonarivelo, dans les salles parisiennes à partir du 16 mars 2005
Al bum : Mahaleo BO du film (Laterit Productions) 2005
En concert : le 20 mars 2005 au New Morning (75)
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