Biographie
Fille d’un couple de quincailliers parisiens, Danielle Charaudeau voit le jour le 25 Février 1942. Peu portée sur les études, elle cherche sa voie et se présente à des auditions de comédienne dès l’adolescence. Elle a 17 ans lorsque Claude Autant-Lara l’engage pour interpréter la fille de Bourvil, dans "La jument verte". Il obtient l’autorisation parentale qui permet à la jeune fille encore mineure de quitter le petit commerce familial de la Porte de la Chapelle.
Danielle adopte son pseudonyme sur les conseils de Claude Autant-Lara et Valérie Lagrange devient un nom familier des génériques de films populaires les années suivantes. On la retrouvera dans "La Française et l’amour" de Michel Boisrond, "Le gigolo" de Georges Lautner, ou encore fiancée à Jean-Paul Belmondo dans "Les tribulations d’un chinois en Chine" de Philippe de Broca.
La jeune première tâte de la chansonnette
Sous les pavés, la plage
Avec une bande de copains artistes, Jean-Pierre Kalfon, Pierre Clémenti, Tina Aumont et Bulle Ogier, elle part vivre en communauté sur une île au large de l’Italie. Un esprit de totale liberté les unit et Valérie apprend à jouer de la guitare et perfectionne son anglais en apprenant les textes de Bob Dylan. En 1970, le cinéaste Barbet Schroeder engage l’équipe pour tourner "La vallée", qui raconte les pérégrinations de jeunes Européens partis à la recherche d’un lieu de vie paradisiaque en Nouvelle-Guinée.
Après le suicide de son mari, Valérie éprouve le besoin de poursuivre l’aventure et part, avec son fils de neuf ans pour Bombay où vit un de ses amis. Elle s’installe chez lui quelques temps, puis découvre la vie des paysans près de Katmandou, avant de rejoindre une communauté hippie à Goa. Finalement, elle ressent le mal du pays et pense à l’éducation de son fils, si loin de ses racines.
Le retour au monde occidental n’est pas rose. Valérie Lagrange s’exile un temps dans un petit village de Provence investi par une communauté d’artistes dont fait alors partie Jacques Higelin. La vie de bohème est toujours de rigueur, loin des conventions. Un séjour d’un an et demi sur une île près d’Ibiza conclura le long épisode voyageur de Valérie Lagrange.
La fin de La parenthèse enchantée
Retour sous les projecteurs
En 1980, "Faut plus me la faire", mélange de rock et de reggae, sort chez les disquaires. Valérie est la première artiste française à signer chez Virgin. Cet album énergique devient son plus grand succès, grâce aux radios libres qui commencent à émettre en France.
Ce retour sur le devant de la scène s’installe dans la durée, puisque Valérie enchaîne l’année suivante avec "Chez mo"i et en 1983, avec "Les trottoirs de l’éternité" qui contient un nouveau tube, "La folie". Trois albums que la chanteuse fait découvrir lors de tournées en province et à l’étranger, sans oublier Paris, au théâtre Mogador ou au Forum des Halles. C’est l’aboutissement d’années de collaborations fructueuses du couple formé par Valérie et Ian, maître d’œuvre musical de l'ensemble.
En 1985, bouleversée par la situation humanitaire en Ethiopie, Valérie Lagrange est à l’origine, avec Renaud, du disque "Chanteurs sans frontières", au profit de la lutte contre la famine dans cette région du monde. En fin d’année, elle s’autoproclame "Rebelle", pour son dernier album chez Virgin.
Pour l’amour de Ian
Dès lors, elle s’éloigne à nouveau de la scène, consacrant toute son énergie à aider son compagnon qui connaîtra des progrès certains au fil des ans. En 1998 pourtant, elle se rappelle furtivement au souvenir de ses admirateurs avec la sortie d’une intégrale en deux CDs, accompagnée d’un nouveau titre "Au cœur de l’amour".
En 2000, elle participe à un concert au profit d’AIDES, une association de lutte contre le sida, à Paris. Puis, elle publie son autobiographie en 2002, "Une vie pour une autre", où elle se livre au travers du combat mené au jour le jour, auprès de son compagnon Ian Jelfs.
La troisième chance
Dix-sept ans après "Rebelle", Valérie Lagrange est de retour en 2003 avec l’album "Fleuve Congo", un mélange de succès d’autrefois réarrangés et de nouvelles chansons, sous la conduite de Benjamin Biolay. Le talentueux musicien l’accompagne d’ailleurs sur la nouvelle version de "La chanson de Tessa" et elle invite avec bonheur ses anciens complices, Jacques Higelin et Louis Bertignac, à la rejoindre le temps d’un refrain.
Elle dédie à celui qu’elle aime la très émouvante "Mon amour pour toi", reprend "La prière" de Georges Brassens sur un texte de Francis Jammes, évoque Rimbaud ou Kerouac, autres poètes de leurs temps. A l’automne 2003, la soixantaine rayonnante, elle revient sur scène pour ce qu’elle appelle "la troisième chance" de sa vie, avec une tournée en province et une première soirée à Paris, au Bataclan le 6 novembre.
Janvier 2004
30/04/2003 -
23/10/1998 -