publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Menu

Biographie


Jean LELOUP


Depuis son apparition sur la scène musicale québécoise au début des années 80, Jean Leloup fait figure d'électron chahuteur et un tantinet iconoclaste. Brillant auteur-compositeur et bête de scène, Le Loup de la Belle Province est en quelques tubes vite devenu un personnage indispensable et attachant du paysage rock francophone.




C'est le 14 mai 1961 à Québec que naît Jean Leclerc, futur Leloup. Avec son frère Grégoire, il est élevé par des parents professeurs. Lorsqu'il a trois ans, toute la famille s'installe en Afrique, au Togo. Son père professeur de physique et sa mère professeur de dessin posent leurs valises dans un village de brousse, à Palimé. Ils y restent cinq ans pendant lesquels Jean grandit au rythme des sonorités traditionnelles africaines, premières émotions musicales.

Initiation


En 69, toute la famille retrouve le Québec pour quelques mois seulement puisque très vite, elle reprend la route de l'exil volontaire, cette fois en Algérie. Ce sont les années 70. L'Algérie indépendante depuis 62, s'affranchit doucement de la colonisation. Pour Jean, c'est le début de l'adolescence, les années d'initiation et l'époque des premiers groupes et des premières guitares. C'est ainsi que barbouillé de bleu de méthylène, il fonde les Blue Faces, bande de copains qui reprend les standards anglo-saxons des années 60.

Après ces années plutôt agréables, Jean revient définitivement au Québec en 1976. Il a 15 ans et se retrouve à entamer de longues années d'études qui se soldent par des échecs. La scolarité et les lambris de l'université ne sont visiblement pas son univers de prédilection. La musique reste son choix et le chemin qu'il décide de prendre contre vents et marées.

Premiers pas


De fil en aiguille, il fréquente les couloirs des maisons de disques. S'il effectue quelques enregistrements qui laissent peu de traces dans les mémoires, son style nerveux et extravagant laisse quelques souvenirs aux spectateurs du festival de la chanson francophone de Granby dont il remporte le concours en 83. Agé de 22 ans, le jeune Leloup joue un rock nonchalant que l'on compare à Lou Reed. Parmi ces premiers titres joués sur scène, on trouve un texte directement inspiré de son expérience nord-africaine, "Alger". Le public ne s'y trompe pas. Leloup passe déjà pour un artiste à part, imprévisible et talentueux. Mais il faut encore pas mal d'années pour que son style s'affirme et surtout, que ses compositions séduisent les maisons de disques.

Son nom apparaît en 85 dans une des nombreuses distributions discographiques de la comédie musicale de Berger/Plamondon, "Starmania". Il y joue le rocker homosexuel, Ziggy. Mais cette expérience ne colle guère à ce qu'il souhaite faire. Il souhaite travailler sur un registre beaucoup plus personnel.

C'est par le biais de vidéos clips qu'il commence à faire connaître ses titres. C'est ainsi qu'en 88, sort la vidéo de "Alger" qui précède de quelques mois un tout premier album "Menteur". Avec l'extrait "Printemps-Eté", Jean touche très vite un large public, lequel adopte au quart de tour ce personnage explosif et imprévisible. Au cours de l'été 89, Leloup reçoit le prix spécial du jury du Festival d'Eté de Québec.

Premiers tubes


A la fin des années 80, sur les traces d'un amour perdu, Jean Leloup part quelques mois en Europe. Il y monte un groupe, la Sale Affaire, qu'il va ramener au Québec pour enregistrer son second album, "L'amour est sans pitié". Le succès de Jean Leloup est confirmé dès la sortie de ce nouveau disque. Deux extraits en particulier font de lui un des artistes majeurs de la scène rock québécoise, "Cookie" et surtout "1990", écrit à propos de la guerre du Golfe. L'album est disque d'or dès l'année suivante.

A son retour au Québec, après ses quelques mois européens, Leloup est accueilli sur scène par des milliers de fans. De 6000 spectateurs avec la Sale Affaire lors de leurs premiers concerts québécois ensemble, on passe à 40.000 lors de l'été 91 à Québec et dix jours plus tard, 36.000 fans se pressent à Ottawa. Chaque concert est un joyeux chaos qui démontre l'immense popularité du chanteur.

En 92, la notoriété de Jean Leloup traverse l'océan pour envahir la France où le titre "1990" fait un carton retentissant. On le voit alors en concert à la Cigale en avril puis lors de festivals d'été dont les FrancoFolies de La Rochelle. L'année 93 est consacrée à la scène québécoise que Jean a délaissée depuis deux ans. Avec la Sale Affaire, il intègre la tournée Rock le Lait qu'il partage avec d'autres noms du rock québécois dont France d'Amour et Vilain Pingouin. La caravane rock avale 5000 kilomètres et enthousiasme 10 villes différentes pendant plusieurs semaines.

Allers et retours


Il faut plus de deux ans à Jean Leloup pour mettre au point un nouvel album. C'est ainsi qu'entre 93 et 96, il disparaît un peu de l'avant-scène et son retour est annoncé à grand renfort de rumeurs. Avant de sortir un nouvel album, Leloup réapparaît au cours des FrancoFolies de Montréal en août. Il est accompagné d'un nouveau groupe et enflamme littéralement la salle du Spectrum, haut lieu de la scène musicale montréalaise.

En novembre 96, sort enfin un album flambant neuf, "Le Dôme". Salué comme du grand Leloup par une grande partie de la critique, l'album est un énorme succès public (disque de platine en 98). Cette réussite lui vaut le Félix (récompense de l'industrie musicale québécoise) du meilleur auteur/compositeur de l'année 97. Jean reprend donc la route pour de longs mois. Au cours des FrancoFolies de Montréal 98, il présente un tout nouveau spectacle, "Jean Leloup et les naufragés du Titanic", sur la scène du D'auteuil à Québec. Devant l'enthousiasme du public, un album hybride mi-live mi-studio en est tiré, "Les Fourmis". Il sort en 1998.

Parallèlement, Jean se met à l'écriture de nouvelles destinées à être jouées à Radio Canada par lui en personne. C'est même au Togo, sur les traces de son enfance, qu'il en finira le travail.

En mai 99, alors que "Les Fourmis" approchent les 90.000 exemplaires vendus (au Québec), Jean redémarre une tournée qui attire chaque soir des milliers de personnes. Indéniablement, cet artiste inclassable et impulsif est désormais un pilier de la chanson québécoise et chacune de ses apparitions est attendue de pied ferme par critique et public réunis.

Cette longue tournée le mène jusqu'au mois de juin 2000 et reprend en novembre, mais dans un format acoustique. A la fin de l'année, pour clôturer ses tournées, il créé un concert spécial, "Party de Noël avec Jean Leloup", programmé le 22 décembre. Après cette date, le chanteur fait une pause et réapparaît le 26 juillet 2001 au Métropolis de Montréal, pour un concert à guichet fermé. Cette unique date de l'année dans la cité québécoise fait partie du festival des FrancoFolies de Montréal.


Mort du Roi Ponpon

Jean Leloup revient en 2002 sous le manteau du Roi Ponpon, personnage et label créés pour la sortie de son nouvel album, La vallée des réputations. Un disque d’évasion, produit et réalisé par lui seul, où il affirme son goût de l’errance, du mouvement, même si le prix est une certaine tristesse (Ballade à Toronto, Je suis parti, Promeneur,). Jean Leloup a 40 ans et n’a plus d’illusions (La vallée des réputations, Paradis perdu, Vieille France).

L’artiste organise la mort de son personnage public lors d’un dernier concert avec son Big Band le 19 décembre 2003. Sortis en avril 2004, un double live public «posthume» accompagné d’un DVD, Exit, résument la carrière du chanteur qui a visiblement décidé de prolonger son aventure sous une autre forme: le dialogue avec son public continue sur son site www.leroiponpon.ca

juin 2004


© RFI Musique
Reproduction totale ou partielle strictement interdite sur tout support sans autorisation préalable.