Bourges
24/04/2005 -
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Keren Ann n’a pas Dave pour référence, visiblement. C’est la plus anglo-saxonne des deux et elle puise la majorité des chansons de ce soir dans son répertoire anglophone (l’essentiel de Nolita et un peu de Not Going anywhere). Création pour le Printemps de Bourges, elle joue accompagnée par le Mons Orchestra, habitué des collaborations prestigieuses (The Divine Comedy, Perry Blake, The Tindersticks, Louis Chedid...). Mise en scène solennelle, on n’est pas là pour rigoler. L’orchestre de cordes à sa gauche, la batterie (qui ne servira pas beaucoup) loin derrière au centre, le guitariste et le clavier/basse à moitié planqués dans l’ombre. Elle, habillée en noir, imperceptible. On n’est pas là pour rigoler, faut-il le répéter. C’est beau, indubitablement. Les arrangements (classiques) de cordes élargissent le paysage sonore intimiste de la dame, des éclairs de guitare rock surprennent parfois le public dans sa léthargie. Tout cela est très travaillé, pesé, susurré plus que chanté. Bref, c’est Keren Ann. Les adorateurs en redemandent. Ceux qui ne partagent pas son spleen magnifique cherchent la sortie. Dans les deux cas, Keren Ann ne laisse pas indifférent. Elle a déjà gagné son pari.
Jean-François Danis
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