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Biographie


Habib Koite


Réputés pour la qualité de ses vocalistes, le Mali compte également de remarquables guitaristes : Boubacar Traoré, Ali Farka Touré ou encore... Habib Koité, dont le toucher de guitare est un modèle de fluidité virtuose et délicate. Lauréat du concours Découvertes de RFI en 1993 (Prix MEDIA-ADAMI), cet ancien professeur de l’Institut National des Arts de Bamako a gagné une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest à sa cause musicale fédérant plusieurs traditions musicales du Mali, avec un titre au militantisme joyeux, "Cigarette A Bana" ("La cigarette c’est fini").



Il est né à Thiès, au Sénégal, mais c’est chez les siens, une famille de griots Khassonké de la région de Kayes, à l’Ouest du Mali, où sa mère retourne quand il a un an, qu’Habib Koité se fait l’oreille. Auprès de sa génitrice d’abord, chanteuse dans les mariages, de son père aussi, qui gratte souvent une guitare et de son grand-père, fort habile au n’goni. Lorsque son père meurt, le jeune garçon trouve auprès de son frère aîné un allié bienvenu pour apprendre quelques rudiments de guitare sur la vieille six cordes traînant à la maison.

Après ses Ă©tudes secondaires, si ce n’avait Ă©tĂ© l’intervention d’un oncle avisĂ©, il aurait sans doute entamĂ© un cursus devant dĂ©boucher sur une carrière d’ingĂ©nieur. Mais l’oncle en question avait repĂ©rĂ© chez le petit un vrai talent pour la musique. Suivant ses conseils, Habib KoitĂ©, finalement, entre Ă  l’Institut National des Arts (INA) de Bamako. "Je me suis rendu compte que j’étais dans mon Ă©lĂ©ment" confiera-t-il plus tard, se remĂ©morant cette Ă©tape dĂ©cisive pour lui. Une pĂ©riode Ă  laquelle "on se retrouvait entre jeunes pour prendre le thĂ© dans des coins qu’on appelle le "grain". Il y avait toujours un magnĂ©to sur lequel on Ă©coutait beaucoup de musiques amĂ©ricaine, française ... La musique malienne passait Ă  la radio, alors nous, on avait envie d’autre chose". A l’INA, son professeur s’appelle Kalilou TraorĂ©, c’est l’un de ces anciens Ă©tudiants partis Ă  Cuba en 1964 pour recevoir une formation musicale et qui mettront sur pieds le fameux groupe Las Maravillas de Mali.

De l’enseigné à l’enseignant


Après quatre années, pendant lesquelles il se voit confier la direction de l’INA Star, l’orchestre de l’école, Habib Koité sort major de sa promotion. Il ne quitte pas pour autant l’INA. On lui y propose un poste de professeur de guitare, une mission qu’il remplira jusqu’en 1998 avec un engagement passionné : "J’ai imposé que les élèves puissent emmener leurs guitares à la maison pour pouvoir travailler". Il commence son apprentissage de la scène au sein du groupe les Crocos, forme un duo de guitare avec Oumar Koïta, joue dans un quartet de jazz avec des amis français fonctionnaires à Bamako, ou bien avec des musiciens Ivoiriens.

Les choses sérieuses commencent en 1988, quand il forme avec des amis d’enfance son groupe Bamada (surnom des habitants de Bamako, signifiant "dans la gueule du crocodile"). "On a commencé à répéter dans les chambres, chez nous, puis dans les bars, des soirées dansantes comme à l’Ecuelle, un bistro où les gens savaient que l’on jouait régulièrement." Parallèlement à ses fonctions à l’INA et à ces années annonçant les prémices d’une carrière musicale sous son propre nom, Habib Koité fréquente des musiciens maliens déjà reconnus, tels que le balafoniste Kélétigui Diabaté, ou encore lejoueur de koraToumani Diabaté qui l’invitera à participer à l’enregistrement de son album "Shake The World" en 1991.

Cette année-là est également celle où, grâce à l’aide d’un ami français, il chante à Perpignan, en France. Il y obtient le premier prix du festival Voxpole. Une distinction lui permettant de financer l’enregistrement de deux titres en studio, "Cigarette A Bana", qu’une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest va plébisciter et "Nanalé" ("L’Hirondelle", dont les paroles évoquent des femmes de la nuit en chasse de chair humaine), après lequel il reçoit le prix Découvertes de RFI en 1993.

La conquête de l’Ouest


L’annĂ©e suivante, grâce Ă  la bourse assortie Ă  ce prix, il suit avec Bamada un stage de formation musicale Ă  Paris et il effectue sa première tournĂ©e hors d’Afrique. On le verra notamment aux  Francofolies de La Rochelle en France et de Spa en Belgique, au Festival des Nuits d’Afrique Ă  MontrĂ©al. Sa prestation Ă  la seconde Ă©dition du Masa (MarchĂ© du spectacle africain) en 1995 Ă  Abidjan oĂą il prĂ©sente son premier album tout juste terminĂ© ("Muso Ko", enregistrĂ© Ă  Bruxelles, produit par Contre-Jour) finit de persuader les professionnels venus repĂ©rer les talents susceptibles de faire mouche en Occident. Habib KoitĂ© et son groupe vont ĂŞtre Ă  l’affiche des festivals europĂ©ens qui comptent (PalĂ©o Nyon, Montreux, Couleur CafĂ© ...).

Après la sortie europĂ©enne du second album, "Ma Ya", en 1998, il abandonne dĂ©finitivement ses Ă©lèves de l’INA pour se consacrer pleinement et sans frein au dĂ©veloppement de sa carrière. Direction l’AmĂ©rique. La conquĂŞte s’enclenche en 1999 et se poursuit l’annĂ©e suivante avec notamment une tournĂ©e en compagnie du groupe de free jazz Art Ensemble of Chicago. Ses fans sont de plus en plus nombreux et ardents de l’autre cĂ´tĂ© de l’Atlantique. On verra mĂŞme Bonnie Raitt, conquise, le rejoindre sur scène Ă  Los Angeles et San Francisco. Dans son  troisième album, Baro sorti en mai 2001, il reprend son  titre fĂ©tiche, "Cigarette A Bana" en lui donnant une touche latino très Ă -propos (chantant mĂŞme en espagnol).

Avec l’idĂ©e de fĂ©dĂ©rer toutes les traditions du patrimoine musical malien, Habib KoitĂ© crĂ©e une musique d’un Ă©clectisme de bon aloi, un style qu’il appelle le "danssa-doso",  terme bambara de son invention formĂ© en juxtaposant "danssa" – un rythme populaire provenant de Kayes - et "doso", pour Ă©voquer la musique des chasseurs.

Des concerts incessants


Aux mois d’aoĂ»t et septembre, il donne une trentaine de concerts aux États-Unis. Ă€ l’occasion, son premier album "Muso Ko" est rééditĂ© sur le label World Village. Le groupe donne l’impression de n’être jamais au repos, toujours entre deux prestations. Entre 1995 et 2002, il s’est produit sur scène 560 fois, dans près de trente pays ! La tournĂ©e hivernale 2002-2003 s’annonce tout aussi chargĂ©e : 75 dates au total dont 37 aux États-Unis entre janvier et mars 2003. Entre temps, Habib KoitĂ© est rĂ©compensĂ© aux Kora Awards en novembre 2002 en recevant le trophĂ©e du meilleur artiste d’Afrique de l’Ouest.

DĂ©but 2004, il est invitĂ© au Festival au DĂ©sert, qui se dĂ©roule en plein Sahara, au nord de Tombouctou. Devant son public, il fait un vrai triomphe. En mars sort "FĂ´ly !", un double album live enregistrĂ© lors de concerts en Allemagne, Italie, Suisse et aux Pays-Bas entre mars 2001 et juillet 2002.  

2005 dĂ©bute une nouvelle fois en AmĂ©rique du Nord oĂą l’artiste malien est dĂ©cidĂ©ment très demandĂ© : 35 escales, aux États-Unis et au Canada, sont au programme de cette tournĂ©e qui s’achève en mars. En avril, au festival des musiques nomades de Nouakchott en Mauritanie, il se produit avec DĂ©sert Blues, une crĂ©ation montĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente avec deux autres artistes maliens, Afel Bocoum et Tartit.

Passés par le Malawi, le Zimbabwe, le Burkina, puis le Mexique, Habib Koite et ses musiciens reviennent jouer en Europe en été pour partir ensuite au Japon et terminer l'année en Afrique du Sud.

Le temps des créations


De nouveau invité au Festival au désert d'Essakane en janvier 2006, l'artiste repart sur les routes dès le mois de mars : au Ghana, au Tchad, en Russie, en Autriche… Le 22 septembre démarre la tournée "Acoustic Africa" avec l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le Sud-africain Vusi Mahlasela. Les trois artistes partagent la même scène, prenant tour à tour le micro, jouant ensemble leurs morceaux respectifs.

Après quinze dates en Europe, le spectacle traverse l'Atlantique pour plus de trente représentations avant de revenir sur le vieux continent en mai 2007 pour sept concerts supplémentaires, notamment à Angoulême lors du festival des Musiques Métisses. Entre temps, le globe-trotter a réussi à trouver le temps de se produire avec son propre groupe en Australie, au Gabon, en Belgique…

En juin, il retrouve Afel Bocoum et les femmes de Tartit à Paris. Après le tournage d'un documentaire sur "Désert Blues", les 21 musiciens viennent participer à la création multimédia du réalisateur Michel Jaffrenou dont Habib Koite est le directeur musical. Joué quatre soirs de suite au musée du Quai Branly, le spectacle remporte un franc succès.

"Afriki"


Trois mois plus tard, alors qu'il se prépare à repartir en tournée, le chanteur-guitariste malien sort son l'album "Afriki". Il aura attendu six ans avant de reprendre le chemin du studio. Enregistrées au Mali, en Belgique et aux Etats-Unis, au gré de ses déplacements et de ses disponibilités, les onze nouvelles chansons ont souvent été composées dans les chambres d'hôtel où Habib a pris l'habitude de travailler. Toujours accompagné par sa formation Bamada, il a invité également l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le saxophoniste américain Pee Wee Ellis qui signe les arrangements de la section de cuivres.

Il reprend la route en Europe. Il se produit notamment à l'Européen à Paris les 7 & 8 octobre.

Septembre 2007


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