Biographie
Il est né à Thiès, au Sénégal, mais c’est chez les siens, une famille de griots Khassonké de la région de Kayes, à l’Ouest du Mali, où sa mère retourne quand il a un an, qu’Habib Koité se fait l’oreille. Auprès de sa génitrice d’abord, chanteuse dans les mariages, de son père aussi, qui gratte souvent une guitare et de son grand-père, fort habile au n’goni. Lorsque son père meurt, le jeune garçon trouve auprès de son frère aîné un allié bienvenu pour apprendre quelques rudiments de guitare sur la vieille six cordes traînant à la maison.
Après ses études secondaires, si ce n’avait été l’intervention d’un oncle avisé, il aurait sans doute entamé un cursus devant déboucher sur une carrière d’ingénieur. Mais l’oncle en question avait repéré chez le petit un vrai talent pour la musique. Suivant ses conseils, Habib Koité, finalement, entre à l’Institut National des Arts (INA) de Bamako. "Je me suis rendu compte que j’étais dans mon élément" confiera-t-il plus tard, se remémorant cette étape décisive pour lui. Une période à laquelle "on se retrouvait entre jeunes pour prendre le thé dans des coins qu’on appelle le "grain". Il y avait toujours un magnéto sur lequel on écoutait beaucoup de musiques américaine, française ... La musique malienne passait à la radio, alors nous, on avait envie d’autre chose". A l’INA, son professeur s’appelle Kalilou Traoré, c’est l’un de ces anciens étudiants partis à Cuba en 1964 pour recevoir une formation musicale et qui mettront sur pieds le fameux groupe Las Maravillas de Mali.
De l’enseigné à l’enseignant
Après quatre années, pendant lesquelles il se voit confier la direction de l’INA Star, l’orchestre de l’école, Habib Koité sort major de sa promotion. Il ne quitte pas pour autant l’INA. On lui y propose un poste de professeur de guitare, une mission qu’il remplira jusqu’en 1998 avec un engagement passionné : "J’ai imposé que les élèves puissent emmener leurs guitares à la maison pour pouvoir travailler". Il commence son apprentissage de la scène au sein du groupe les Crocos, forme un duo de guitare avec Oumar Koïta, joue dans un quartet de jazz avec des amis français fonctionnaires à Bamako, ou bien avec des musiciens Ivoiriens.
Les choses sérieuses commencent en 1988, quand il forme avec des amis d’enfance son groupe Bamada (surnom des habitants de Bamako, signifiant "dans la gueule du crocodile"). "On a commencé à répéter dans les chambres, chez nous, puis dans les bars, des soirées dansantes comme à l’Ecuelle, un bistro où les gens savaient que l’on jouait régulièrement." Parallèlement à ses fonctions à l’INA et à ces années annonçant les prémices d’une carrière musicale sous son propre nom, Habib Koité fréquente des musiciens maliens déjà reconnus, tels que le balafoniste Kélétigui Diabaté, ou encore lejoueur de koraToumani Diabaté qui l’invitera à participer à l’enregistrement de son album "Shake The World" en 1991.
Cette année-là est également celle où, grâce à l’aide d’un ami français, il chante à Perpignan, en France. Il y obtient le premier prix du festival Voxpole. Une distinction lui permettant de financer l’enregistrement de deux titres en studio, "Cigarette A Bana", qu’une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest va plébisciter et "Nanalé" ("L’Hirondelle", dont les paroles évoquent des femmes de la nuit en chasse de chair humaine), après lequel il reçoit le prix Découvertes de RFI en 1993.
La conquête de l’Ouest
Avec l’idée de fédérer toutes les traditions du patrimoine musical malien, Habib Koité crée une musique d’un éclectisme de bon aloi, un style qu’il appelle le "danssa-doso", terme bambara de son invention formé en juxtaposant "danssa" – un rythme populaire provenant de Kayes - et "doso", pour évoquer la musique des chasseurs.
Des concerts incessants
Aux mois d’août et septembre, il donne une trentaine de concerts aux États-Unis. À l’occasion, son premier album "Muso Ko" est réédité sur le label World Village. Le groupe donne l’impression de n’être jamais au repos, toujours entre deux prestations. Entre 1995 et 2002, il s’est produit sur scène 560 fois, dans près de trente pays ! La tournée hivernale 2002-2003 s’annonce tout aussi chargée : 75 dates au total dont 37 aux États-Unis entre janvier et mars 2003. Entre temps, Habib Koité est récompensé aux Kora Awards en novembre 2002 en recevant le trophée du meilleur artiste d’Afrique de l’Ouest.
Début 2004, il est invité au Festival au Désert, qui se déroule en plein Sahara, au nord de Tombouctou. Devant son public, il fait un vrai triomphe. En mars sort "Fôly !", un double album live enregistré lors de concerts en Allemagne, Italie, Suisse et aux Pays-Bas entre mars 2001 et juillet 2002.
2005 débute une nouvelle fois en Amérique du Nord où l’artiste malien est décidément très demandé : 35 escales, aux États-Unis et au Canada, sont au programme de cette tournée qui s’achève en mars. En avril, au festival des musiques nomades de Nouakchott en Mauritanie, il se produit avec Désert Blues, une création montée l’année précédente avec deux autres artistes maliens, Afel Bocoum et Tartit.
Passés par le Malawi, le Zimbabwe, le Burkina, puis le Mexique, Habib Koite et ses musiciens reviennent jouer en Europe en été pour partir ensuite au Japon et terminer l'année en Afrique du Sud.
Le temps des créations
De nouveau invité au Festival au désert d'Essakane en janvier 2006, l'artiste repart sur les routes dès le mois de mars : au Ghana, au Tchad, en Russie, en Autriche… Le 22 septembre démarre la tournée "Acoustic Africa" avec l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le Sud-africain Vusi Mahlasela. Les trois artistes partagent la même scène, prenant tour à tour le micro, jouant ensemble leurs morceaux respectifs.
Après quinze dates en Europe, le spectacle traverse l'Atlantique pour plus de trente représentations avant de revenir sur le vieux continent en mai 2007 pour sept concerts supplémentaires, notamment à Angoulême lors du festival des Musiques Métisses. Entre temps, le globe-trotter a réussi à trouver le temps de se produire avec son propre groupe en Australie, au Gabon, en Belgique…
En juin, il retrouve Afel Bocoum et les femmes de Tartit à Paris. Après le tournage d'un documentaire sur "Désert Blues", les 21 musiciens viennent participer à la création multimédia du réalisateur Michel Jaffrenou dont Habib Koite est le directeur musical. Joué quatre soirs de suite au musée du Quai Branly, le spectacle remporte un franc succès.
"Afriki"
Trois mois plus tard, alors qu'il se prépare à repartir en tournée, le chanteur-guitariste malien sort son l'album "Afriki". Il aura attendu six ans avant de reprendre le chemin du studio. Enregistrées au Mali, en Belgique et aux Etats-Unis, au gré de ses déplacements et de ses disponibilités, les onze nouvelles chansons ont souvent été composées dans les chambres d'hôtel où Habib a pris l'habitude de travailler. Toujours accompagné par sa formation Bamada, il a invité également l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le saxophoniste américain Pee Wee Ellis qui signe les arrangements de la section de cuivres.
Il reprend la route en Europe. Il se produit notamment à l'Européen à Paris les 7 & 8 octobre.
Septembre 2007
19/09/2007 -
19/03/2004 -
16/03/1998 -