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Biographie


Nicole Croisille


Nicole Croisille a d’abord été danseuse et mime, avant de dévoiler sa voix chaude et puissante. Féline et sophistiquée, cette métisse dans l’âme clame sa féminité, son amour du jazz et des rythmes du sud.



Nicole Croisille naît le 9 octobre 1936 à Neuilly-sur-Seine, en banlieue parisienne, d’une mère pianiste et d’un père directeur d’une agence de tourisme. La petite fille montre des dispositions pour la danse et le chant. Dès l’âge de huit ans, elle fait des pointes à l’Opéra. Son père ne voit pas d’un très bon oeil cette passion pour les planches et lui interdit de passer l’examen d’entrée pour devenir petit rat, son rêve de toujours. Alors, adolescente, elle prend des cours de dactylo pour ne pas éveiller les soupçons paternels, tout en suivant les cours de la Comédie Française dont elle intègre finalement le corps de ballet.

A l’école du mime, une voix se révèle

Pendant plus de dix ans, Nicole Croisille suit les cours de Marcel Marceau, ce qui lui permet d’effectuer une première tournée avec le maître mondialement reconnu de la pantomime, en Amérique du sud. Nous sommes en 1957. De retour en France, elle fait ses premiers pas professionnels comme danseuse dans la revue de Joséphine Baker ou pour les ballets du Bourgeois gentilhomme. Puis, elle obtient un des premiers rôles de la comédie musicale L’apprenti fakir avec Jean Marais, mais ce spectacle avant-gardiste s’arrête au bout d’un mois de représentations.

Parallèlement à ces activités, elle aime fréquenter les caves de Saint-Germain en amateur, où son timbre de voix est fort justement apprécié. Lors de son premier séjour aux Etats-Unis avec la troupe du mime Marceau en 1960, elle découvre l’ambiance feutrée et enfumée des clubs de jazz de Chicago. Parfaitement bilingue, elle joue quelques soirs avec des musiciens noirs et découvre les problèmes raciaux quand on lui demande de ne pas se montrer avec ses accompagnateurs en dehors de la scène. Ces partenaires d’alors la surnomment «Soul Sister».

D’Halleluya en Chabadabada

Ses débuts discographiques ont lieu entre 61 et 63, où elle enregistre cinq super 45 tours et un album. Elle chante l’adaptation de Halleluya, I love her so de Ray Charles et présente une jolie version de Nous les amoureux que Jean-Claude Pascal interprétait pour la victoire au concours eurovision de la chanson. Pendant un mois en 1961, elle fait la première partie de Jacques Brel à l’Olympia. Pourtant, la vogue est aux chanteurs yéyés et Nicole Croisille ne trouve pas encore la place qu’elle mérite auprès du public.

En 1964, elle retourne aux USA en tant que meneuse de revue de plusieurs tableaux d’un spectacle des Folies-Bergères, présenté à Broadway. Finalement, elle y reste un an où elle a l’occasion de travailler avec le chorégraphe Lester Wilson ou le compositeur Lalo Schiffrin.

A son retour en France, elle fait la rencontre de Claude Lelouch, qui sera déterminante pour la suite de sa carrière. En 1966, elle connaît un succès planétaire à coups de Chabadabada, pour la chanson du film Un homme et une femme qu’elle interprète en duo avec Pierre Barouh, sur une musique de Francis Lai. Elle restera fidèle à son réalisateur et son compositeur fétiches pour d’autres films, de Vivre pour vivre à Itinéraire d’un enfant gâté.

En 1968, elle signe un autre tube mais en adoptant un pseudonyme pour les besoins de la chanson du film Les jeunes loups de Marcel Carné. I’ll never leave you est en effet le seul succès d’une artiste éphémère, Tuesday Jackson, qui reprend vite son identité pour la suite de sa carrière. L’année suivante, Nicole Croisille interprète Quand nous n’aurons que de la tendresse.

Une femme…

Il faut attendre 1973 pour que Nicole Croisille s’impose véritablement avec un répertoire sur mesure, avec des titres signés par de grands auteurs et compositeurs, tels Pierre Delanoë, Claude Lemesle ou Pierre Bachelet. Toute la France est alors sous le charme de celle qui symbolise la féminité et la tendresse, avec Une femme avec toi, La Garonne, Téléphone-moi, Emma, parmi les nombreux succès qu’elle enchaîne pendant quelques années.

La concrétisation de cette reconnaissance tardive a lieu pour un Olympia triomphal en septembre 1976, une salle qu’elle retrouve avec autant de succès deux ans plus tard. Son public fidèle l’acclame au Théâtre des Champs-Elysées pour son nouveau spectacle en 1981. Elle apparaît également dans un ballet du film de Claude Lelouch, Les Uns et les Autres, dont elle chante une nouvelle fois le thème principal. Elle passe l’année 1983 au Québec où elle donne une série de concerts à Montréal et enregistre un album franco-québécois.

En 1985, sa reprise du Blues du businessman, extrait de la comédie musicale Starmania,lors d’une émission de télévision est plébiscitée et un 45 tours est réédité. Nicole Croisille promène sa nouvelle tournée au quatre coins du monde en 1986, avant de renouer avec ses premières amours pour l’album Jazzille, avec la participation de Didier Lockwood, Manu Dibango et Toots Thielemans.

Retour aux sources

Un répertoire plus proche de celui de ses débuts séduit les amateurs de jazz qui l’ovationnent en 1988 au Bataclan de Paris et lors des 180 concerts qu’elle donne alors en province. Un nouvel album métissé vient enrichir la discographie de Nicole Croisille deux ans plus tard. Black et Blanche devient en 1991 un spectacle haut en couleurs, avec 40 choristes sénégalais, au Casino de Paris.

Un autre rêve se réalise en 1992. Nicole Croisille reprend la comédie musicale Hello Dolly au Théâtre du Châtelet, en version originale, accompagnée d’une troupe entièrement américaine. Sa performance est saluée par les inconditionnels du genre. Après des expériences de comédienne des Misérables de Claude Lelouch sur grand écran et dans la comédie Folle Amanda au théâtre, elle fête ses 40 ans de carrière à l’espace Pierre Cardin en 1997.

Nicole Croisille retourne au Québec pour la sortie de l’album Piano et Voix et elle triomphe aux Francofolies de Montréal en 1998. La télévision fait appel à elle pour des séries et des téléfilms les années suivantes, et elle surprend ses admirateurs en reprenant sur les planches le rôle de Jacqueline Maillan dans Coup de soleil.

En 2001, c’est la sortie d'un album de reprises de ses plus grands succès incluant deux titres inédits, qui donne lieu à la création d'un spectacle acoustique, Piano et Percussions. Puis, en 2002, Nicole Croisille présente son nouveau concert, De vous à moi, composé d’un florilège de ses plus grands succès choisis à la volée par les spectateurs, au Théâtre de Dix Heures. Elle enchaîne avec une tournée dans toute la France, jusqu’à la fin 2003.

Février 2004


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