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Biographie


Daniel Darc


Le destin de cette icône du rock français des eighties a longtemps été menacé par les excès et l’autodestruction. Des rencontres lumineuses en décidèrent autrement et Daniel Darc est aujourd’hui devenu une référence pour toute une génération de chanteurs.



Daniel Rozoum, dit Daniel Darc, naît le 20 mai 1959 à Paris. En 1976, il reçoit, grâce au groupe punk anglais The Sex Pistols, un choc musical qui va complètement bouleverser sa vie. En 1978, alors qu'il est au lycée Balzac à Paris, il rejoint le groupe Taxi Girl, fondé par quatre amis: Mirwais Stass (guitares), Laurent Sinclair (claviers), Stéphane Erard (bassiste) et Pierre Wolfsohn (batteur).

Très influencé par le rock littéraire américain de Patti Smith et par l’attitude provocatrice des punks et d’Iggy Pop, Daniel Darc se lance à corps perdu dans cette aventure artistique et humaine qui durera huit ans.Inédite en France, la musique de Taxi Girl doit autant au rock urbain et noir du Velvet Underground qu’à la musique électronique de Kraftwerk. Grâce à ses prestations musicales sur le fil et à l’attitude jusqu’au-boutiste de son chanteur (il s’ouvre les veines sur scène en première partie d’un concert de Talking Heads en novembre 1979), Taxi Girl acquiert très vite une réputation sulfureuse qui fait hésiter les maisons de disques.

C’est finalement avec EMI qu’ils enregistrent en 1980 un premier simple "Mannequin" suivi par un deuxième "Cherchez le garçon". Cette chanson froide, synthétique mais dansante, va connaître un immense succès dans l’Hexagone avec plus de 300.000 exemplaires vendus et impose le style Taxi Girl marqué par la voix blanche de Daniel Darc et des synthés, très influencés par ceux de The Doors. Tout arrive très vite pour eux mais, trop de bruit, de concerts et de drogues n’aident pas les membres de Taxi Girl à lutter avec leurs démons intérieurs. Le bassiste Stéphane Erard décide de quitter le groupe et quelque mois plus tard, en juillet 1981, le batteur, Pierre Wolfsohn meurt d’une overdose de cocaïne.

En 1982, Taxi Girl sort son premier véritable album "Seppuku", produit par le bassiste des Stranglers Jean-Jacques Burnel. Pour l’occasion, Daniel Darc s’est inventé un double, Viviane Vog, pour signer une partie de ses textes plutôt morbides (meurtres, dépression, suicides…)

Malgré des bonnes critiques et des prestations scéniques impressionnantes (le Casino de Paris en 1982 et une tournée française avec Indochine en première partie), les ventes ne suivent pas et en avril 1983, Laurent Sinclair abandonne le trio. Taxi Girl publie en mai 1983 un mini-album "Quelqu’un comme toi" et quelques simples jusqu’en 1986 mais le duo ne retrouve pas le succès de ses débuts et se sépare, épuisé.

Darc en solo


Seul, Daniel Darc a du mal Ă  surmonter ses problèmes de dĂ©pendance Ă  l’alcool et Ă  la drogue mais la vie va mettre sur son chemin quelques bonnes fĂ©es. La première s’appelle Jacno avec lequel il va rĂ©aliser son premier album solo, "Sous Influence Divine" qui sort en 1987 : huit titres qui tournent autour du thème de l’amour impossible. Moins provocateurs, ses textes gagnent en poĂ©sie et en mĂ©lancolie mais l’album ne touche que les aficionados et le grand public passe Ă  cĂ´tĂ© malgrĂ© une reprise de Françoise Hardy, "Comment te dire adieu".  

En 1988, nouvelle rencontre, celle d’Etienne Daho qui produit "La Ville", une chanson plus apaisée et la même année, Daniel Darc enregistre "Parce que", douze titres co-écrits avec l’anglais Bill Pritcharddont une reprise de Charles Aznavour ("Parce que"): le courant passe à merveille entre ces deux ultrasensibles et l’album, même s’il ne connaît qu’un succès d’estime, reste aujourd'hui une œuvre mythique et précieuse pour ses fans.

Fan de littérature, l’ex-chanteur de Taxi Girl publie aussi en parallèle quelques recueils de textes ("Mélancolie d’Edie" et "Energie dramatique de la rue" en 1991, "A love supreme" en 1998 en hommage à une de ses idoles John Coltrane et "Le Drugstore du ciel" en 2000 ). Sur la recommandation de Patrick Eudeline, il s’essaie à la critique musicale dans le magazine Best et traduit aussi quelques livres de William Burroughs.

Toujours démangé par la musique, Daniel Darc réitère l’expérience en 1994 avec "Nijinsky", deuxième album solo enregistré avec le groupe The Weird Sins et réalisé par son ami du groupe Pure Sins, Georges Betzounis qui ne rencontre pas plus de succès que ses précédentes tentatives. Marqué par la déveine commerciale, Darc enchaîne les collaborations diverses: textes pour Marie-France ou Marc Minelli, reprises ("She's so untouchable" de Johnny Thunders, "Les Champs-Elysées" de Joe Dassin en compagnie de Bertrand Burgalat) et conseils aux groupes Diabologum et Brent.

2004 : "Crève cœur"


La fin des années 1990 le voit errant dans Paris, brûlé par une vie marquée par les abus (qui l'ont amené à faire quelques semaines de prison) et les échecs commerciaux. La sortie du tunnel a lieu grâce encore à une rencontre en 2003 avec le compositeur Frédéric Lo qui lui propose d’écrire un texte pour le nouvel album de la chanteuse Dani. Daniel Darc signe celui de "Rouge Rose" et mis en confiance par Lo, décide de prolonger l’expérience en enregistrant douze nouvelles chansons composées par celui-ci.

DĂ©diĂ© au chanteur country Johnny Cash, dĂ©cĂ©dĂ© la mĂŞme annĂ©e, "Crève CĹ“ur" sort dĂ©but 2004 chez Mercury : le chant de Darc a muĂ© vers un talk over  très gainsbourien et raconte avec un dĂ©senchantement et une sensibilitĂ© inimitables, des histoires d’amour, de rĂ©demption et d’amitiĂ©. Cette fois-ci, le succès est au rendez-vous: les mĂ©dias cĂ©lèbrent le retour d’un talent unique qu’on croyait perdu et le public succombe aux mĂ©lodies subtiles ("Je me souviens, je me rappelle", "Mes amis") de FrĂ©dĂ©ric Lo. Emu par tous ces tĂ©moignages, Daniel Darc semble enfin avoir fait la paix avec ses dĂ©mons intĂ©rieurs: comme il l’a souvent dit, le rock lui a sauvĂ© la vie.

Pour couronner ce grand retour, "Crève cœur" est élu Album révélation de l'année aux Victoires de la musique 2005. En mai de la même année, Daniel Darc démarre sa tournée avec des passages en France, en Belgique et en Espagne. Jouant notamment au premier étage de la Tour Eiffel à Paris en juin ! Il multiplie aussi les collaborations avec différents artistes : un duo avec Cali sur son album "Menteur", l'écriture de chansons pour l'acteur Tcheky Karyo ou pour de jeunes chanteurs comme Elisa Tovati, Thierry Amiel et même Alizée.

2008 : "Amours suprĂŞmes"


Du 11 au 18 janvier 2007, il accompagne Richard Kolinka, Raphaël, Alain Bashung ou encore Jean-Louis Aubert sur la tournée "Les Aventuriers d'un autre monde". Puis il se penche sur son nouvel album, "Amours suprêmes", qui sort en janvier 2008. Le titre est un hommage à John Coltrane et son célèbre "A love supreme".

Comme pour "Crève Cœur", il en a confié la composition et la réalisation à Frédéric Lo, qui semble déchiffrer mieux que personne la fibre artistique de Daniel Darc. Musicalement, le disque est plus riche, les ambiances différentes d'un titre à l'autre. Pour les textes, Daniel Darc se montre toujours aussi inspiré, entre fragilité et noirceur. Sur "Amours suprêmes", on retrouve des invités de choix : Alain Bashung pour un duo en anglais, "L.U.V.", Robert Wyatt dans "Ça ne sert à rien", et la chanteuse de Cocoon, Morgane Imbeaud dans "J'irai au Paradis". Une tournée à travers al France est organisée dès le mois d'avril.

Janvier 2008


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