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Biographie


Africando


Africando, groupe phare de la musique afro-cubaine, porté par Ibrahima Sylla, Boncana Maïga et un noyau dur de musiciens d’exception, n’a cessé de mettre en valeur les liens entre les rythmes d’Afrique et ceux de Cuba.



Le groupe Africando est né en 1992 à Dakar sur l’impulsion du producteur sénégalais Ibrahima Sylla et du flûtiste et arrangeur Malien Boncana Maïga. Principal groupe afro-salsa d’Afrique de l’ouest, Africando reflète avec brio l’histoire d’amour qui lie le son, le boléro, la guaracha ou la cumbia aux rythmes d’Afrique.

Chanteurs vedettes


Dans les années 1930 déjà, des marins cubains, rapportent par la mer des rythmes partis. Lors des Indépendances, au début des années 1960, les capitales africaines vibrent au son des disques cubains et portoricains. A cette époque, à Dakar, les groupes afro-cubains pullulent, mais ils n’enregistrent pas : les formations locales comme le Star Band, jouent dans les clubs.

Ibrahima Sylla, jeune passionné de la musique cubaine possède des milliers de disques et décide d’enregistrer pour la première fois un groupe sénégalais versé dans la salsa, le Baobab. Dans les années suivantes, Ibrahima Sylla devient un des plus grands producteurs d’Afrique de l’Ouest.

Côté Mali, plusieurs jeunes musiciens partent étudier au Conservatoire de la Havane. Boncana Maïga est de ceux-là. Il a vécu et étudié à La Havane de 1963 à 1973, où il apprend mélodies et arrangements. Son groupe Las Maravillas de Mali s’impose à Cuba avant de triompher au Mali. Il crée l’orchestre de la Radio Côte d’Ivoire d’Abidjan et participe à la tournée africaine des Fania All Stars, combo mythique de la salsa new-yorkaise.

Au début des années 1990, Ibrahima Sylla et Boncana Maïga, devenus des personnalités incontournables de la musique africaine, décident de remettre sur pied la splendeur afro-cubaine. Ils enregistrent un album à New York. Initialement, le groupe s’articule autour d’un trio vocal 100% sénégalais : Médoune Diallo, Pape Seck et Nicolas Menheim. Chacun contribue activement à l’épanouissement du style afro-cubain dans les années 1970.

Médoune Diallo qui tenait entre 1978 et 1993 une épicerie, appartient surtout à la première production d’Ibrahima Sylla, l’Orchestra Baobab, un des plus gros succès des années 1970. Pape Seck, l’un des chanteurs vedettes du Star Band, qu’il quitte à la moitié des années 1970 fonde son propre groupe, le Number One. En 1974, son titre "Sama Thiély" repris par Africando bat tous les records de longévité au hit-parade de Radio Dakar. On attribue à Pape Seck, la paternité du genre mbalax, devenu depuis le style musical sénégalais par excellence. C’est lui qui composera plus de la moitié des morceaux des premiers albums d’Africando. Quant à Nicolas Menheim, il commence par jouer dans l’orchestre de la petite ville de Fatick, dans le Delta du Sine Saloum, à Dakar au Number One, puis au non moins célèbre Super Etoile. Appelé par Ibrahima Sylla, il quitte l’Orchestre National pour intégrer Africando.

"El son" cubain chanté en wolof


L’enregistrement du premier album "Trovador" en 1993 se fait à New York. Boncana Maïga arrange tous les morceaux. Certains titres comme "Médoune Khoule" de Pape Seck valent au groupe un succès phénoménal en Afrique, mais aussi à Cuba, Porto Rico, New York ou Miami. En 1993, Africando reçoit à Abidjan le Africar Music Awards, décerné par un jury international récompensant la musique de variété d’Afrique et des Caraïbes. Le second album, "Sabador"sorti en 1994 fait l’unanimité. Le succès d’Africando repose sur l’adaptation du répertoire cubain (Benny Moré, Noro Morales, Matamoros), mexicain et portoricain, aux langues bambara, wolof et sérère et au mariage des instruments ouest-africains aux congas et aux sections de cuivres. Certaines compositions de Pape Seck comme "Yaye Boye" font entrer le groupe dans la légende.

En février 1995, Pape Sérigne Seck, malade, décède à son domicile de Dakar. Tout le Sénégal pleure l’un de ses meilleurs musiciens, la radio télévision nationale lui rend hommage et des milliers de fans accompagnent son cercueil au cimetière de Dakar.

Nouvelles couleurs musicales


La formation Africando trouve en la personne du Béninois Gnonnas Pedro un remplaçant de choix. Dans les années 1960, il fait danser Cotonou avec son groupe Gnonnas Pedro y sus panchos Cotonou, et remporte de gros succès avec "La Combinacion", "El Cochevivo" ou "Yo prefiero el son". Originaire du Mono, au sud-ouest du Bénin, il fait souffler sur le combo l’esprit et les rythmes du vodun, pratiqués dans le Golfe de Guinée. Il réintroduit les cloches, certaines percussions et rythmes typiquement vodun dans la musique d’Africando, ce qui paradoxalement permet au combo de se rapprocher davantage de Cuba. Le rythme 3-2 typique de la musique afro-cubaine, né à la fin du XVIe siècle à Santiago de Cuba, la ville noire de l’île, tient en effet son origine de ces rythmes vodun du sud Bénin, du Togo ou du Nigeria.

En 1997, le groupe sort "Gombo salsa", et un an plus tard "Baloba !" dont 10000 exemplaires sont vendus en France dans les dix jours suivant sa sortie…Enregistré à New York, l’album invite Eugène Shoubou du groupe haïtien Tabou Combo, le Guinéen Sékouba Bambino et un autre prince des nuits afro-cubaines à Dakar, Labah Sosseh. Le groupe ose des reprises réussies du titre "Aïcha" de Khaled, de "la Vie en Rose" d’Edith Piaf. Ronnie Barro, un Américain, intègre la formation en 1998 ainsi que Sékouba Bambino, ancien du Bembeya Jazz, en 1999.

En 2001, le sixième album "All Stars Betece" invite à nouveau des grands noms de la musique afro : le Congolais Lokua Kanza, le Burkinabé Amadou Balaké, le Malien Salif Keita qui ressuscite "Notman" un titre enregistré en 1973 avec les Ambassadeurs, le Sénégalais Thione Seck, le portoricain Hector Casanova, et Koffi Olomidé qui y chante sur un rythme portoricain. Gros succès. La même année, un double album live retrace les scènes les plus chaudes du groupe.

L’album "Martina" en 2003, marque un tournant. Boncana Maïga, arrangeur historique, est moins présent sur l’album. Le saxophoniste et chanteur Gnonnas Pedro décède à Cotonou en août 2004. La formation panafricaine est une nouvelle fois endeuillée.

Le huitième album d’Africando "Kékutuba", qui signifie "le retour aux origines" en yoruba sorti novembre 2006, lui est directement dédié. Cet album se veut pur reflet des descargas des années 1940, entre jazz et salsa. Il laisse la place à d’autres couleurs musicales : Alfred Rodriguez, pianiste cubain, ou à Nelson Hernandez, Vénézuélien qui vit à New York apportent au groupe les dernières tendance de la salsa new-yorkaise. Côté sénégalais, l’album fait apparaître les voix de Pascal Dieng ou Bass Sarr, tenants de la nouvelle scène salsa dakaroise, ainsi que Ladia Mansour, fils de Médioune Diallo, l’un des derniers membres fondateurs d’Africando.

En février 2007, le groupe part en tournée mondiale pour un mois et demi.

Mars 2007


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