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Biographie


Mikidache


Lauréat du Prix Découverte de RFI en 1999, Mikidache est une des nouvelles voix de l’océan Indien. Au fil de ses albums, l’artiste mahorais affirme chaque fois davantage ses racines malgaches qu'il partage avec une grande partie de la population de Mayotte.



Mikidache Daniel, dont le prénom signifie "quelqu’un de bien", naît le 20 mai 1969 à Mamoudzou, sur l’île de Mayotte. Deuxième enfant d’une fratrie qui en compte cinq, il s’installe avec toute sa famille à Moroni, sur la Grande Comore, en 1975. Lorsque Mayotte choisit de rester française par référendum cette année-là, les partisans de l’indépendance qu’on appelle les "serrez-la-main" et dont le père de Mikidache fait partie sont durement chassés par le camp adverse des "sorodats" et envoyés vers les autres îles de l’archipel qui ont choisi de prendre leur destin en main.

A treize ans, le jeune garçon se met Ă  apprendre seul la guitare, en dĂ©pit des rĂ©ticences familiales. Il ne possède pas d’instrument, mais utilise celui des enfants d’un diplomate sĂ©nĂ©galais, conseiller du prĂ©sident comorien, avec lesquels il fonde le groupe Sy deux ans plus tard. RebaptisĂ©e ensuite Ylang Ylang, la formation connaĂ®t un certain succès Ă  l’échelle locale qui l’amène Ă  se produire sur les Ă®les voisines d’Anjouan et de MohĂ©li. En 1986, abandonnant leurs Ă©tudes, les musiciens viennent tenter l’aventure en France mĂ©tropolitaine. Les liens qu’ils nouent avec le milieu artistique africain leur donnent l’occasion d’enregistrer pour le label Safari Ambiance un maxi 45 tours intitulĂ© "Je veux".

Après trois années loin de l’océan Indien sans avoir réussi à s’imposer, Mikidache et ses copains reviennent à Moroni à la demande de leurs parents, inquiets pour leur avenir. Il prépare son baccalauréat qu’il passe en candidat libre et, une fois son diplôme en poche, se rend enfin à Mayotte où il n’était jamais retourné. Afin de poursuivre ses études, il s’inscrit en sciences-économiques à l’université d’Aix-en-Provence. Là, il reprend sa guitare et se consacre de plus en plus à la musique, travaillant dans un fast food pour subvenir à ses besoins.

1997 : "Kauli"


Passé par Nice, il s’installe à Paris où il fait la connaissance de Jules Bikoko qui l’introduit auprès d’autres musiciens. Avec l’aide du contrebassiste camerounais et d’une poignée de complices dont l’accordéoniste Pascal Pallisco et le batteur Fabrice Thompson, le Mahorais commence à autoproduire son premier album avant de rencontrer le compositeur Armand Amar qui prend le relais avec le label Long Distance qu’il a co-fondé. La sortie de "Kauli" en 1997 passe relativement inaperçue. Dans ces premières compositions, le chant comme le jeu de guitare, rappellent les origines de Mikidache qui ne cherche pourtant pas à les mettre en avant. Les voix sont au premier plan, à l’image d’"Usishange" ou "Eba Rambe", écrit essentiellement en français. En mai 1999, le disque obtient le Prix Découverte de RFI, décerné par le jury que préside Manu Katché. La récompense ouvre de nouvelles portes à l’artiste. En décembre, il joue à Paris au Bataclan. D’autres concerts ont lieu en France. Mikidache est programmé en Allemagne, en Suisse ainsi qu’au Congo Brazzaville lors du Fespam.

2004 : "Hima"


Pour son second album "Hima" enregistrĂ© dès 2002 mais commercialisĂ© en 2004, il conserve Ă  ses cĂ´tĂ©s la mĂŞme Ă©quipe de musiciens et invite aussi quelques pointures de la scène parisienne : le percussionniste Minino Garay, le batteur Brice Wassy, l’accordĂ©oniste RĂ©gis Gizavo et le flĂ»tiste Magic Malik, dĂ©jĂ  prĂ©sent sur "Kauli". Dans ses textes, tour Ă  tour il exhorte les siens Ă  se relever, Ă©voque la vie de leurs aĂŻeux, s’en prend Ă  la polygamie ou encore se rĂ©volte contre un système oppresseur qui fabrique pauvretĂ© et injustice.

En 2005, il est programmé en mai au festival Donia à Madagascar puis apparaît avec le plateau Dom Tom Folies aux Francofolies de la Rochelle en juillet, avec les autres lauréats du concours "9 semaines et 1 jour" organisé par RFO (Réseau France Outremer) dans les départements et territoires d’outre-mer. Cela lui donne également l’opportunité de participer en mars de l’année suivante à la finale française de l’édition 2006 de l’Eurovision.

2006 : "Mgodro Gori"


Son troisième album "Mgodro Gori" paraĂ®t Ă  la mĂŞme Ă©poque. Ses racines malgaches, qu’il partage avec une grande partie de la population mahoraise, sont nettement plus affirmĂ©es. Son goĂ»t pour les accords libres Ă  la guitare l’entraĂ®ne sur un territoire dont le guitariste D’Gary a fait sa spĂ©cialitĂ©. Si RĂ©gis Gizavo et la choriste Sha Rakotofringa ont Ă©tĂ© Ă  nouveau sollicitĂ©s, d’autres musiciens de la Grande ĂŽle entourent Mikidache : Mamy Andrianjakamamy est Ă  la basse tandis que Mamisolo-Yvon Rakotonanahary, ancien membre du trio vocal Senge, apporte son expĂ©rience aux chĹ“urs. Après avoir dĂ©fendu ses nouvelles chansons sur scène Ă  une trentaine de reprises, en particulier aux festivals Solidays et Musiques MĂ©tisses, Mikidache termine l’annĂ©e 2006 au festival Africolor.

Durant l’été 2007, il se rend à Madagascar et à La Réunion, dans le cadre du festival Sakifo. En compagnie de son complice Mtoro Chamou, un autre chanteur mahorais, il commence à Paris l’enregistrement d’un album de duos à l’automne 2007, puis enchaîne avec une série de concerts dans diverses salles parisiennes et sur son île natale.

Novembre 2007


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