Biographie
Le quintet Zenzile prend forme en 1996 à Angers autour de Javier "Jaja" Maillet à la guitare, Matthieu Bablée à la basse, Vincent "Vince" Erdeven aux claviers, Jean-Christophe "Werner" Wauthier à la batterie et Erick "Raggy" Sevret au saxophone et aux percussions. Ils ont entre 20 et 25 ans, et se sont connus à l’école ou dans différentes formations avec lesquelles ils ont joué, orientées vers le rock pour certains, vers le rap pour d’autres. Toutefois, tous ont un goût prononcé pour le dub, leur véritable dénominateur commun.
Ce sous-genre du reggae, apparu sur les faces B des 45 tours jamaïcains, est en réalité un travail de remix essentiellement instrumental réalisé en studio par les ingénieurs du son. L’approche des cinq jeunes musiciens français est différente, car pour eux le dub n’est pas un dérivé mais une matière première qu’ils comptent jouer avec leurs instruments.
Lors des premières répétitions, ils font appel à quelques chanteurs mais le résultat ne leur convenant pas, ils préfèrent finalement s’en passer, sans pour autant fermer complètement la porte. En attendant, ils greffent sur leurs compositions des bribes de voix qu’ils empruntent ça et là , comme celle de l’activiste et poète Zenzile, un Sud-africain exilé aux Etats-Unis qui inspire au groupe son nom de scène. La formule musicale s’avère rapidement convaincante, en live comme en studio.
1998 : "Dub Promozione"
En 1998, le groupe auto produit un CD 4 titres intitulé "Dub Promozione" et donne 55 concerts. Il participe aussi aux compilations "Créatures des Abysses" et "Nova Future Dub". Enregistré entre les mois de juillet et de décembre, le premier album "Sachem In Salem" est commercialisé en mars 1999. La performance est inédite en France où aucun groupe n’avait jusqu’alors été capable de se rapprocher autant, dans le son et dans le jeu, du dub académique tel que le joue par exemple les Jamaïcains du Dub Syndicate, formation de référence.
Très vite, la notoriété des Français commence à dépasser les frontières. En juillet, Zenzile est invité à se produire en Grande-Bretagne à deux reprises. Lors du concert au Fridge, à Brixton, une rencontre improvisée a lieu sur scène avec Jamika Ajalon, dub poète américaine installée en Angleterre. Les réticences du groupe à une telle expérience disparaissent en quelques instants. Les musiciens ont le sentiment qu’il se passe réellement quelque chose et propose même à Jamika de les retrouver en studio le mois suivant pour poser sa voix. Premier volet de leur série baptisée "5 + 1", le CD 6 titres "Zenzile Meets Jamika" sort au printemps 2000. Le groupe et leur invitée effectuent une mini-tournée qui passe par le Printemps de Bourges.
Entre temps, Zenzile a été sollicité pour participer à l’album "Shoki Shoki remixed" du Nigérian Femi Kuti sur lequel ils signent une version dub du morceau "Scatta Head". En juin 2000, ils repartent sur les routes avec quatre musiciens maliens rencontrés en novembre 1999, lorsque les Français s’étaient rendus à Bamako à l’occasion du festival du Théâtre des réalités.
A la fin de l’année, Zenzile retourne en studio. Scott a remplacé Jaja à la guitare. Jamika est de nouveau présente à leurs côtés sur quatre morceaux. Jean Gomis, chanteur du Meï Teï Shô, vient également au micro sur deux titres. D’autres musiciens sont invités pour ajouter des percussions ou des cuivres. La tournée qui suit la sortie du disque en mars se poursuit pendant l’été 2001 au cours duquel les Angevins jouent au festival des Vieilles Charrues. Déjà passés par la Belgique, la Suisse, la République Tchèque, ils sont programmés cette fois en Hongrie au Sziget Festival.
2002 : "Totem"
En 2002, la discographie de Zenzile continue de refléter la créativité inépuisable du quintet. Rappelant Jean Gomis, le groupe livre un nouvel épisode de sa série "5 + 1" simplement baptisé "Zenzile Meets Sir Jean". Leur album "Totem" qui paraît la même année leur permet de sortir du territoire dub pour exprimer des envies latentes plus rock. Le groupe a eu davantage de temps pour préparer ses morceaux et a adopté un nouveau fonctionnement qu’ils qualifient de "plus démocratique" en faisant des équipes de travail. Sur scène, on les voit à Vienne en Autriche pour la Fête de la musique, au Festival de Jazz de Montréal, au Festival d’été de Québec…
Parallèlement, Zenzile propose une rythmique reggae au sound system Irie Ites, basé au Mans, lequel se charge de demander à des Jamaïcains de poser leur voix dessus. Un premier maxi 45 tours sort en 2003, suivi d’un second trois ans plus tard avec des artistes tels que Chedizek, Lutan Fyah ou Turbulence.
Autoproduit depuis ses débuts, le groupe reste fidèle à sa démarche qui a l’avantage de lui laisser une certaine liberté. Une nouvelle rencontre musicale avec le violoncelliste français Vincent Ségal, moitié de Bumcello et sideman réputé, aboutit à "Zenzile Meets Cello" en 2004.
2005 : "Modus Vivendi"
Après leur prestation en Belgique fin juillet, les musiciens s’envolent vers La Réunion afin de prendre part à la première édition du festival Sakifo. Leur séjour sur cette île de l’océan Indien leur inspire entre autres le morceau "Mafate" qui figure en 2005 sur l’album "Modus Vivendi". Sur ce disque, Zenzile confie le mixage à Jaja, l’un des membres fondateurs qui avait quitté le groupe. Alex a rejoint les effectifs pour faire face au départ du guitariste Scott. Vince s’est également mis à la guitare sur huit des seize titres. Sans surprise, Jamika et Jean Gomis sont venus apporter leurs voix.
Dans la foulée de leurs deux concerts donnés en mai à Paris, à la Maroquinerie, les Angevins débutent une nouvelle tournée française. En novembre 2005, ils repartent sur les routes pour neuf concerts avec le groupe de dub lyonnais High Tone. Le Highzentour fait escale deux soirs de suite dans la salle parisienne de La Cigale.
Après être allé jouer aux Etats-Unis en mars 2006, lors du festival South by Southwest qui se déroule à Austin, c’est sous la formule Zenzile Sound System que le quintet réapparait dans les bacs des disquaires en mai avec l’album "Meta Meta". Un autre nom pour un autre style, plus électro cette fois.
Pendant l’été, le groupe se produit en Suisse à l’occasion du Paleo festival puis en Belgique. Commercialisé fin août, l’album "Zentone", sous titré "Zenzile Meets High Tone", est le résultat de la virée commune effectuée l’année précédente avec les Lyonnais. Chaque morceau est mixé par les deux formations. Quand une version figure sur le CD, l’autre se trouve sur le 33 tours sorti en même temps.
En octobre, Zenzile reprend ses habits de sound system live – des machines et des instruments – pour une tournée française partagée avec les Réunionnais du groupe électro dub Zong.
2007 : " Living In Monochrome"
Programmé pendant l’été 2007 au festival Solidays et aux Francofolies, Zenzile continue de surprendre avec "Living In Monochrome" qui sort en septembre Le dub n’est plus qu’un "outil de production" sur cet album tourné presque entièrement vers le rock. La méthode de travail a changé. Enregistrés en analogique, en live et sur de courtes périodes, les morceaux ont été longuement préparés en amont. Certains sont de vraies chansons. Une première dans la carrière du groupe qui a sollicité de nouvelles voix : celles du Dominicain Paul St Hilaire, du Britannique Tricky, figure du trip hop ou encore celle de son compatriote David Alderman. Zenzile part aussitôt défendre sur scène cette nouvelle identité musicale en donnant une trentaine de concerts au cours des derniers mois de l’année.
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