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Biographie


Richard GOTAINER


Le répertoire de Richard Gotainer est sans doute un des plus réjouissants de la chanson française. Eclatante d'humour, sa verve joyeuse est un régal de second degré. Depuis ses débuts, Gotainer passe pour le trublion du paysage musical hexagonal. Mais ses textes sont cependant beaucoup plus pertinents qu'ils n'en ont l'air. Ce qui est sûr, c'est que Gotainer, ça s'écoute mais ça se regarde aussi !




Richard Gotainer naît le 30 mars 1948 dans le 12ème arrondissement de Paris. Ses parents, Frédérique et Georges, ont un magasin de meubles. Richard est un enfant pour le moins joyeux. Son goût pour la rigolade et pour la dérision est évident dès l'école, ce qui lui vaut même un "Prix de la bonne humeur". De plus, il manifeste très tôt des dons créatifs on ne peut plus variés. Bricolage, photo, goût pour le son donnent lieu à des bidouillages intensifs, en particulier sur le magnéto qu'il reçoit pour ses 13 ans et qui lui permet d'enregistrer le moindre son ambiant.

Son adolescence se passe entre colonies de vacances et délires en tous genres avec son copain Jacky, futur attaché de presse et animateur de télé. Ensemble, ils écrivent des sketches qui en général, ne font rire qu'eux. On les voit cependant sur les scènes de quelques cabarets parisiens, mais en vain. Cependant, c'est vers le spectacle que Richard s'oriente. Son humour dévastateur et son sens certain du "show" font de lui une petite vedette partout où il passe.

Pub


Dans les années 60, Richard se passionne pour les Beatles. Musique, cinéma, son parcours mûrit doucement dans un coin de son esprit. Cependant, pour rassurer ses parents, il s'inscrit en fac de droit où il reste cinq ans. Il se ballade aussi pas mal d'un point à un autre du globe. Au cours de ses études, il multiplie les petits boulots. Mais doté d'une inspiration sans limite et d'un sens de l'à-propos et de la répartie hautement évocateurs, il se retrouve tout naturellement recruté par les agences de pub en pleine explosion dans les années 70. Son talent pour écrire des jingles de pub qui frappent l'esprit lui valent un succès rapide dans le métier. On l'emploie comme rédacteur. Mais très vite, il ne se contente pas d'écrire des textes ; il met au point musiques et bruitages. Son univers délirant est un peu trop …créatif au goût de beaucoup. Seul un jeune directeur de production craque sur son travail. Ensemble Richard et Jacques Gaudillat vont donc quitter leur agence (virés ?) et créer leur propre entreprise sous le nom de Gatkess. Et ça marche. Certains de ses jingles ont à l'époque marqué les esprits ce qui est une marque de réussite dans ce domaine.

Nous sommes en 1976. Par son métier, Richard rencontre de nombreux musiciens dont Claude Engel, guitariste du mythique groupe Magma. Les deux hommes deviennent très vite complémentaires et Richard en profite pour sortir son cahier de chansons. Engel ne tarde pas à mettre ces textes en musique. En quelques mois, naît un tout premier album qui sort en 1977, "Forgeur de tempo". Avec son imaginaire de bandes dessinées et ses textes au second degré, Gotainer reçoit une pluie d'éloges. Son univers est tellement visuel et drôle, qu'il entre de plain-pied dans le paysage musical.

Foufou


Le duo gagnant Gotainer/Engel est renforcé en 79 par le frère de ce dernier, Marcel dit Celmar, ingénieur du son. Le deuxième album "Contes de traviole" confirme les talents du jeune chanteur. Gotainer entre dans les années 80 avec son titre "Tout foufou", premier succès d'une longue série. L'humoriste Coluche, dont l'univers ironique et irrévérencieux n'est pas très éloigné de celui de Richard Gotainer, invite ce dernier à assurer ses premières parties au Café de la Gare, cabaret fameux de cette époque, en juillet 80. Puis en novembre, c'est le chanteur Eddy Mitchell qui lui confie la première partie de son spectacle à l'Olympia, prestigieux endroit s'il en est.

Entre temps, il a sorti le 45 tours "Primitif" qui marque encore un point dans sa rencontre avec le public. Il enchaîne avec les titres "Chipie" puis "le Sampa", chanson du film "le Maître d'école" de Claude Berri avec Coluche, et titre qui lui vaut son premier disque d'or. Ces trois 45 tours sortent indépendamment de tout album. Cette fois, Gotainer est lancé. Chacun de ses passages télé sont de vrais petits spectacles qui le rendent très populaire.

Son troisième album, "Chants Zazous" qui sort en 82, donne une image plus tendre de l'artiste, moins foldingue. Sur la face B, on découvre une version revisitée des "Quatre saisons" de Vivaldi. Mais c'est le titre "le Mambo du décalco" qui rapporte un nouveau disque d'or à son auteur. Le tout est bien sûr signé Gotainer/Engel.

Zazou


Du 8 au 13 mars 83, Richard Gotainer peut enfin donner libre cours à son imaginaire sur la scène de l'Olympia où il donne son premier show en vedette, sous le nom de "Show Zazou". Mise en scène somptueuse, danseurs et danseuses, lumières et costumes, Gotainer se lâche. Le public suit. A l'automne, il entreprend une courte, mais triomphale tournée de douze dates avec un final parisien.

Son succès simultané dans la chanson et dans la pub sont à l'origine de l'album "Poil à la pub" qui sort en 85, réunissant 85 sketches et jingles.

On ne le retrouve que deux ans plus tard avec l'album "Vive la Gaulle", ode à nos ancêtres et à la célèbre bande dessinée contant les aventures du Gaulois, petit mais costaud, Astérix. Ce disque est né de la rencontre de Richard Gotainer avec Albert Uderzo, dessinateur de la BD. Les musiques sont signées Eric Kristy, musicien et écrivain. Le succès est fort mince pour ce voyage dans les temps anciens. Gotainer en profite donc pour se consacrer à son projet de toujours, l'écriture et la réalisation d'un long métrage.

Cinoche


L'affaire est dans le sac avec le film "Rendez-vous au tas de sable" qui sort le 31 janvier 90. Depuis plus de cinq ans, Gotainer travaille sur ce film qu'il a écrit (avec Jean-Pierre Domboy), dont il a composé les musiques et dans lequel il joue. Malheureusement, le public ne se rend guère au rendez-vous.

En dépit d'un album de six titres dont le célèbre "Femmes à lunettes" (90), le semi-échec provoque une semi-disparition du chanteur. Il se replie en famille qui au début des années 90, accueille un petit Gotainer du nom de Léo. Son album suivant, "D'amour et d'orage" en 92, rend un peu compte de cette période familiale avec ses hauts et ses bas, mais surtout avec ses responsabilités. Il s'intéresse à des sujets plus politiques tout en gardant son second degré. Son dada est de toute évidence l'écologie dont il se fait porte-parole à sa façon. A cette époque, il devient également le parrain…de l'équipe cycliste de la Haye-du-Puits, et prend ainsi la suite de Serge Gainsbourg !

Après un Olympia début 93, retour dans les bacs en 94 avec "Elle est pas belle la vie" dans lequel il retrouve son compère Claude Engel. La promo du disque est "Garanti moins 10% triste !". Effectivement, si Gotainer allume ses contemporains avec humour mais franchise dans certains titres ("l'Automodébile", "les Accidents du train-train"), il nous réserve quelques perles jubilatoires ("Nadine à oilpé", "Macaches pépètes"). La sortie de l'album est suivie d'une tournée et de trois jours au Casino de Paris en mars 95. Ce dernier spectacle donne lieu au tout premier album live de Gotainer, "le Gotainer band en public".

La banane


Ce n'est pas son 50ème anniversaire qui le calme, bien au contraire. En 98, sort l'album "Tendance banane" qui annonce la couleur dès le titre : faut rigoler !! Gotainer a toujours le sens de la formule, explicite et évocateur. Fou d'informatique, il conçoit lui-même la pochette. Dans ses textes, bien sûr mis en musique par… Claude Engel (mais aussi Philippe Kelly), on retrouve des évocations du petit commerce, des enfants mais aussi des pets… La poésie façon Gotainer est intacte même si parfois elle s'égare dans des sphères moins élégantes. Mais Gotainer se fout de l'élégance. Gotainer s'amuse sans complexes ni tabous. Qu'on se le dise !

Novembre 98

 


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