Biographie
Scène
Dès ses dix-huit ans, Juliette écume les bars et les restos de Toulouse face à son piano. Son répertoire puise déjà dans le réalisme façon années 1930. Très à l'aise sur scène, elle ne laisse pas indifférent. C'est ainsi qu'en 1985, elle inaugure les Découvertes du festival de Bourges, manifestation qui présente de jeunes talents. Elle y sera présente deux années de suite. De fil en aiguille, Juliette affirme sa présence sur scène et tourne beaucoup. En 1990, elle fait quelques dates en Allemagne, mais surtout, assure la première partie de Jean Guidoni. C'est un déclic à la fois professionnel mais également artistique. Fan de l'univers ambigu et sombre du chanteur depuis longtemps, Juliette rencontre à cette occasion Pierre Philippe, proche collaborateur de Guidoni au début des années 1980.
En 1991, sort le tout premier album de Juliette, "¿Que tàl ?", enregistré en public. On y découvre l'aplomb de la jeune femme sur scène, son entrain et son goût du dialogue avec le public qu'elle ne dédaigne pas provoquer. Pierre Philippe n'apparaît que sur un seul titre, "Lames", un titre de Guidoni qui démarre le concert. Juliette chante également des textes du poète Norge et adapte à sa façon "l'Homme à la moto" de Piaf.
1993 : "Irrésistible"
Cette fois, c'est parti. Dès 1992, Juliette monte un mois entier sur la petite scène parisienne du théâtre de Dix heures. Puis en 1993 sort son deuxième album (mais premier en studio), "Irrésistible". C'est sur ce disque que la collaboration entre Pierre Philippe et Juliette prend le plus d'ampleur puisque presque tous les titres portent leurs deux signatures. En novembre, elle participe aux Francofolies de Montréal. En juillet 1994, c'est à celles de La Rochelle qu'elle fait une apparition remarquée. En octobre de la même année, elle est de retour à Paris sur la discrète scène du Théâtre de la Ville. Mais cette année-là, elle reçoit aussi le Prix Charles-Cros pour son dernier album.
Le 31 décembre, Juliette termine un récital de trois semaines par un réveillon sur la scène de l'Auditorium des Halles. Cette soirée est immortalisée par l'album "Juliette chante aux Halles" qui sort en 1995.
Nouvel album en 1996, "Rimes féminines". Celle qui admire tant des personnalités comme Anaïs Nin, Camille Claudel, Louise Michel ou Colette, continue de nous parler de sa passion pour les femmes. Les textes sont à nouveau de Pierre Philippe. Juliette présente ce disque sur la scène de la Cité de la Musique à Paris les 13 et 14 avril. Elle est pour l'occasion entourée de l'Orchestre des Hauts-de-Seine qui donne une dimension flamboyante à son spectacle. Cette année-là, Juliette la chanteuse devient écrivain et publie "la Valse", une nouvelle. Cette facette méconnue de Juliette est aujourd'hui présentée en ligne sur un site où sont réunis de nombreux autres textes.
A la fin de l'année, elle investit l'Auditorium Saint-Germain avant une tournée qui la mène en France, en Allemagne et au Canada. C'est par une récompense qu'elle démarre l'année 1997, la Victoire de la révélation de l'année... Dix-sept ans après ses débuts ! Tout arrive ! Elle finit l'année d'une aussi belle façon puisqu'elle monte du 18 au 31 décembre sur la scène de la salle Gaveau, prestigieuse salle dédiée au classique. Dans ce spectacle à deux pianos (elle et Didier Goret), elle présente beaucoup de reprises (Fréhel, Léo Ferré, Jean Guidoni, Catherine Sauvage, Jacques Brel). Le résultat est enregistré sur l'album "Deux pianos" qui parait début 1998.
1998 : "Assassins sans couteaux"
Au cours de l'année 1998, on retrouve la voix de Juliette sur un album pour enfants, "La Comptine à titine", pour deux titres. Les textes sont tous de Pierre Delanoë et les musiques de Gérard Calvi. Mais en novembre, c'est sur son nouvel album "Assassins sans couteaux" que Juliette retrouve le devant de l'actualité. Désormais, elle fait partie à part entière du paysage musical même si sa personnalité en fait un électron libre et imprévisible. Arrangé par François Rauber, cet album voit la disparition de Pierre Philippe et l'apparition de nouveaux auteurs dont Bernard Joyet et Franck Giroud. Les critiques sont excellentes et louent une nouvelle fois le talent de Juliette pour créer des ambiances, tracer des portraits, le tout habillé d'un humour exubérant et dévastateur.
Du 9 au 14 février, c'est à l'Olympia que s'épanouit toute la faconde de la jeune artiste. Consécration artistique, cette série de concerts fait d'elle une vraie figure de la chanson française.
L'année suivante, Juliette se lance dans une expérience inédite pour elle, en dépit de ses talents d'auteur : la lecture de textes littéraires. L'exercice a lieu dans la salle d'armes de la Conciergerie, haut lieu historique parisien (prison de la reine Marie-Antoinette pendant la Révolution française). La chanteuse a choisi de lire des fabliaux, contes et autres textes médiévaux parfois à connotation érotique. Dans la foulée, elle expérimente aussi le cinéma en tournant dans le film de Delphine Gleize, "Carnages". Pour l'occasion, elle se teint en blond platine…
2002 : "Le festin"
Mais à travers onze nouveaux titres, Juliette prouve que sa truculence n'a pas fondu face aux exigences du commerce. Au contraire, les chansons sont longues et généreuses, exploitant toujours plus son sens du plaisir, de l'humour, de bonnes choses de la vie. La chanteuse en signe la quasi-totalité mais son complice Bernard Joyet a à nouveau largement œuvré sur cinq d'entre elles, seul ou avec elle.
Dès début février, elle entame une tournée qui s'arrête à Paris, au Casino de Paris, du 19 au 24 mars.
2004, c'est l'année anniversaire. La chanteuse choisit de célébrer ses vingt ans de carrière même si elle chante depuis plus longtemps. Cet "anniversaire" est donc l'occasion de la sorti le 9 mars d'un CD sobrement intitulé "ma vie, mon œuvre (vol1)". En outre, elle est sur la scène de la prestigieuse salle Gaveau, antre de la musique dite classique, du 18 mars au 11 avril. Celle qui se perçoit comme une artisan(e) de la chanson, y présente son équipe comme des ouvriers et elle comme la gérante en bleu de travail.
Juliette passe l'été sur les routes et participe aux Francofolies de La Rochelle et au Festival de Lormes, où l'accueil du public est toujours très chaleureux. Moins chaleureuse est sa rupture avec Mysiane Alès, sa productrice depuis treize ans, qui s'opère en août.
Dès septembre 2004, Juliette prend les rênes de l'émission "Juliette ou la clé des sons", sur la radio France Musiques. Les samedi et dimanche après-midi, la chanteuse propose, selon ses coups de cœur du moment, sa programmation personnelle.
La tournée "Deux pianos" débute le 06 janvier 2005. Les 11 et 12 mai, elle se produit au Grand Rex de Paris. Un moment fort que l'on retrouve sur le DVD "Fantaisie Héroïque : live au Grand Rex", qui paraît en octobre 2005.
2005 : "Mutatis Mutandis"
Le 10 janvier 2005 paraît "Mutatis Mutandis", son nouvel album, auquel participent les comédiens François Morel et Guillaume Depardieu. Hormis la reprise d'un poème de Baudelaire,"Franciscae meae Landes", Juliette signe, pour la première fois, tous les textes de cet album aux sonorités samba, arabo-andalouses et flamenco. "Mutatis Mutandis" est le plus grand succès en termes de ventes de la Toulousaine et lui rapporte, en 2006, une Victoire de la Musique, catégorie "Artiste interprète féminine" de l'année. Autre récompense ultime : l'insigne de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres que lui décerne Catherine Trautmann, alors ministre de la Culture, en février.
En avril, elle part pour le Canada pour un événement exceptionnel : les 1er et 2 du mois, elle se produit au Grand Théâtre de Québec accompagnée de l'Orchestre Symphonique de Québec. Malgré un planning chargé, Juliette a le temps d'écrire un livre farfelu où l'on retrouve des éléments autobiographiques, "Mensonges et autres confidences", qui est publié le 23 septembre 2005. Quelques jours plus tard, elle s'offre l'Olympia pour deux concerts qui font salle comble, les 5 et 6 novembre.
Confirmant sa passion de la scène, Juliette repart en tournée dans toute la France en 2006 à partir de mars. Après un passage très apprécié au Printemps de Bourges le 27 avril, la chanteuse se produit aux Francofolies de La Rochelle.
Alors qu’elle est en pleine préparation d’un nouvel album, elle se produit seule au piano pour un concert exceptionnel : elle chante sur la scène du Châtelet à Paris le 5 avril 2007 au profit de la Chaîne de l’espoir, association d’aide médicale aux enfants.
2008 : "Bijoux et babioles"
Concocté tranquillement à la campagne, "Bijoux et babioles" qui sort en février 2008, est un recueil de chansons drôles et poétiques, entre beauté et clinquant, à l’image du titre. Juliette signe la musique, les paroles et les arrangements de la plus grande partie des morceaux sauf la reprise de Pierre Dac "Tyrolienne haineuse", celle de Chabuca Granda, une artiste péruvienne "Fina estampa" et enfin une tournerie du comédien François Morel "Lapins". Les musiciens qui accompagnent généralement la chanteuse sur scène, ont mis leur savoir-faire et leur talent à sa disposition pour enregistrer cet album.
Dès le mois de mars, Juliette repart en tournée.
Mars 2008
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