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Biographie


Katerine


Assimilé à tort à la vague easy-listening du milieu des années 90, le chanteur Katerine a depuis prouvé que son talent était justement de savoir jongler avec les courants musicaux les plus divers. S'il trompe son monde avec son allure classique, un peu dandy, il s'impose comme un musicien libre qui révolutionne la pop française à coups d'élégantes excentricités et de fausse naïveté.



Philippe Blanchard naît le 8 décembre 1968 à Chantonnay en Vendée. Dans cette région très conservatrice, il est élevé par une famille où catholicisme et valeurs traditionnelles sont importantes. Son éducation est très classique, mais très jeune Philippe s'intéresse aux arts et à la musique. C'est avec un de ses oncles féru de guitare qu'il apprend les rudiments de cet instrument et en particulier les rythmes brésiliens.

A l'âge de 8 ans en 1976, Philippe est opéré à cœur ouvert.

Adolescent, il commence à monter quelques groupes dont le répertoire lorgne vers la variété anglo-saxonne. Sa voix artistique se dessine et après son baccalauréat, il s'inscrit en faculté d'Arts plastiques à Rennes.

Mariages


C'est entre Rennes et Nantes, où il séjourne de plus en plus avant de s'y installer, que Philippe/Katerine commence à écrire et à enregistrer ses premiers titres sur un magnéto 8 pistes dans sa chambre d'étudiant. C'est ainsi qu'en 1992, il met au point son tout premier CD, "les Mariages chinois et la relecture". Entouré de sa sœur, surnommée Bruno pour contrebalancer le pseudo féminin de son frère, et de sa compagne Anne, Katerine apparaît sur la scène musicale en attisant la curiosité générale. Difficile à classer et à identifier, ce disque met en avant les voix féminines à travers les chansons et des textes brefs. D'ailleurs, tout l'album cultive la brièveté. Katerine se présente donc plus comme un musicien-concepteur que comme un seul interprète. Ses influences musicales sont des plus variées, de la bossa nova à la chanson française façon Françoise Hardy des débuts.

Après la naissance de sa fille Edie en 93, Katerine met en route un second disque qui sort en 94, "L'éducation anglaise". Légèreté et mystère sont toujours de mise dans ce CD sur lequel Katerine ne chante pas du tout. Il laisse cette tâche à ses mêmes partenaires du précédent CD, Anne et Bruno. Cette année-là, le Vendéen fait une reprise très remarquée de "L'Eté indien", fameux tube du chanteur Joe Dassin, dans une compilation consacrée à ce dernier, "l'Equipe à Jojo".

Son coeur balance


Cultivant un certain sens de l'énigme, Katerine commence à faire parler de lui sans devenir pour autant un artiste très connu ou très populaire. En 96, il sort quelques CDs quatre titres avant de débarquer dans les bacs via un troisième album "Mes mauvaises fréquentations", le chanteur signe son premier succès public, "Mon cœur balance". Les voix féminines ont disparu et Katerine se met enfin au premier plan de son travail. Il sort alors d'un cercle confidentiel où il était confiné jusque-là. Les critiques sont excellentes et ses concerts attirent plus de monde. Sa notoriété grandit jusqu'au Japon, pays amateur de pop française. Définitivement, Katerine impose son style décalé.

Parallèlement à ses propres créations, il travaille pour des amis. C'est ainsi qu'il produit l'album de Mercedes Audras en 96 ou écrit pour une jeune chanteuse japonaise, Kahimi-Karie. En 97, il écrit un album pour deux chanteuses anglo-japonaises, "les Sœurs Winchester". Enfin, on voit aussi son nom dans l'entourage du groupe français les Little Rabbits avec lesquels il a collaboré en 91 pour les retrouver en 98.

Après un passage au festival du Printemps de Bourges en avril, Katerine part en tournée avec Mercedes Audras en première partie. On le retrouve le 19 décembre 96 au Bataclan à Paris où il partage l'affiche avec Mathieu Boogaerts.

Duo, Dualité


Indéniablement inspiré par des chanteuses comme Brigitte Fontaine où les voix féminines des années 60, Katerine entreprend une collaboration musicale avec la Danoise Anna Karina, égérie de la Nouvelle Vague et en particulier du cinéaste Jean-Luc Godard dans les années 60. Ensemble, ils montent un spectacle en duo dans lequel ils reprennent d'anciens titres de la comédienne-chanteuse, dont des Rezvani ou Gainsbourg réorchestrés, mais aussi des titres de Katerine et des inédits d'Anna Karina. Créé au festival de la ville de Mâcon, les Voix Si les Voix La, le résultat est fêté par la critique pour son originalité et sa fraîcheur. On les retrouve à nouveau au festival du magazine musical Les Inrockuptibles début octobre 99. Les deux artistes pensent alors à entamer une tournée en 2000.

Parallèlement, Katerine sort un double album fait de deux CDs bien distincts dans leur contenu, et parfois même vendus séparément. D'un côté "les Créatures" et de l'autre "l'Homme à trois mains". Ces disques finissent de convaincre le public du talent singulier de Philippe Katerine. Improvisation, textes, collages, son travail ne ressemble à rien, semble à la foix très mode et intemporel, cultive l'humour décalé et parfois cinglant. Le titre "Je vous emmerde" ressort du lot par ses relents irrévérencieux. Indéniablement, Katerine revigore la chanson française en lui insufflant une bonne dose d'insolence et de sophistication.

Chanson et cinéma


Toujours aussi polyvalent, Katerine joue comme acteur, dans un moyen métrage de Thierry Jousse "Nom de code : Sacha". Mais il compose aussi pour sa compagne Helena Noguerra, les titres de l'album "Azul" qui sort au printemps 2001.

Il retourne devant la camera en 2002 pour un film de Jonathan Demme "La vérité sur Charlie". A l'automne, il signe un nouvel album "8ème ciel", enregistré avec The Recyclers. Deux invités singuliers viennent apportés leur contribution à ce disque, un septuagénaire, le Général Fifrelin et Boulette, une petite fille de 11 ans. Le 11 novembre, Katerine donne un concert à l'Olympia à Paris.

Cumulant les différentes casquettes, il signe la bande originale d'un long métrage des frères Larrieu qui sort l'année suivante, "Un homme, un vrai". Il effectue aussi une tournée de trente dates avant de commencer à travailler sur des projets cinématographiques personnels. Il commence par la réalisation d'un court-métrage "Un km à pied" puis s'attaque à un long-métrage "Peau de cochon" qui trouvera finalement un distributeur en 2005. Cette année-là, il est à l'affiche d'un film des frères Larrieu "Peindre ou faire l'amour" dont il signe aussi la bande originale.

En octobre, il sort un nouvel album intitulé "Robots après tout", titre qui fait écho au disque de Daft Punk "Human after all". Katerine, séparé des fameux The Recyclers, travaille seul à l'aide d'une groove box, une petite machine qui lui permet de concocter des morceaux de façon minimaliste. La production du disque est assurée par Renaud Letang et le Canadien Gonzales, donnant ainsi aux morceaux, une touche électro qui éloigne le musicien du genre chanteur dandy qui le caractérisait auparavant.

Le chanteur, compositeur, interprète, cinéaste élargit son champ d'action puisque qu'il travaille avec la chorégraphe Mathilde Monnier sur la mise en scène de ses propres chansons, de façon à proposer un spectacle en 2006.

Octobre 2005


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